• Le saviez-vous ?

    Anecdotes échiquéennes : un fait, un détail, une curiosité, liés au jeu d’échecs, à son histoire, sa pratique, ses figures célèbres ou méconnues.
    Rubrique tenue par Jérôme Houdin, directeur de la publication de Route64

Les anecdotes font pause cet été, rendez-vous en septembre

# 176 / 365

La case blanche en bas à droite

C’est la toute première chose que l’on apprend aux échecs, bien disposer l’échiquier. Pour ce faire une règle simple : pour chacun des deux joueurs, la première case à droite doit être blanche. Tout joueur d’échecs ne peut s’empêcher de vérifier cette bonne disposition, dès lors qu’il voit un échiquier et les pièces de jeu apparaître dans un film, une publicité, une devanture de magasin, ou comme élément de décoration chez des amis.

# 175 / 365

La polygraphie du cavalier

La polygraphie du cavalier est un exercice qui consiste à déplacer un cavalier sur un échiquier de manière qu’il visite toutes les cases sans jamais passer deux fois sur la même. Georges Perec, dans son roman « La vie mode d’emploi » publié en 1978, décrit la vie d’un immeuble parisien, le passage d’une pièce à l’autre et par conséquent d’un chapitre à l’autre se fait en utilisant la polygraphie du cavalier. Perec le justifie ainsi « Il aurait été fastidieux de décrire l’immeuble étage par étage et appartement par appartement. Mais la succession des chapitres ne pouvait pas pour autant être laissée au seul hasard. J’ai donc décidé d’appliquer un principe dérivé d’un vieux problème bien connu des amateurs d’échecs. »

# 174 / 365

Ponctuation échiquéenne

La notation algébrique abrégée retranscrit l’ensemble des coups effectués au cours d’une partie d’échecs. Mais dès lors qu’il s’agit de la commenter une ponctuation internationalement admise permet d’indiquer la qualité des coups effectués :
! Bon coup
!! Très bon coup
? Mauvais coup
?? Très mauvais coup
!? Coup intéressant
?! Coup douteux

# 173 / 365

Vengeance

Alexandre Nikitine, grand grand entraîneur d’échecs soviétique, fait partie de l’équipe chargée d’entraîner Anatoli Karpov pour son match de championnat du monde de 1975 contre Bobby Fischer. Ce dernier refuse à plusieurs reprises les modalités du match présentées par la FIDE et Karpov est donc déclaré champion du monde sur tapis vert. Cependant, en 1976, Nikitine apprend que Karpov est en négociation secrète avec Fischer pour l’organisation d’un match et le fait savoir à la fédération des échecs soviétiques. Ce qui entraîne son renvoi par Karpov et une très forte inimitié entre les deux hommes. La même année, Nikitine repère un jeune espoir azéri de 12 ans et décide de le prendre sous son aile, il se nomme Garry Weinstein deviendra Garry Kasparov. En décembre 1985 quand Kasparov devient champion du monde pour la première fois contre Karpov, Nikitine et ne s’est jamais caché, s’être senti ce jour-là, vengé.

# 172 / 365

SAAG

Si le saag est un plat de la gastronomie du Pendjab, la S.A.A.G est aussi l’acronyme de la Société des Admirateurs d’Anish Giri. Anish Giri est joueur néerlandais, né à Saint-Pétersbourg en 1994, d’un père népalais et d’une mère russe, ayant vécu en Russie puis au Japon, et aux Pays-Bas, il est naturalisé néerlandais depuis 2013. Grand maître à l’âge de 14 ans il dispute le tournoi des candidats en 2016 et 2020. En juin 2022 il est 9ème joueur mondial avec un classement Elo de 2761 points. Nous ne nous avons aventurerons pas à décrire son style de jeu et son attitude sur les réseaux sociaux, afin de ne point nous froisser avec quelques dignitaires de la SAAG qui, hommes de bien et de mesure dans la vie ordinaire, sont prompts à une susceptibilité exacerbée, dès lors que toute parole à l’endroit de leur idole vivante, n’appartient pas au registre du dithyrambe.

# 171 / 365

On vous laisse compter sur vos doigts

Il existe 318 979 584 000 manières différentes de jouer les 4 premiers coups d’une partie d’échecs. Guère étonnant que nous passions beaucoup de temps à préparer nos ouvertures.

# 170 / 365

Chacun son programme

Dites-moi quel programme, plateforme où échiquier électronique vous avez utilisé en premier, je vous dirai votre âge. Kaissa, Fritz 3, Fritz 16, Hydra, Méphisto, Leonardo, Centurion, Citrine, Galileo, Chessssmaster 2000, Crafty, Hiarcs, Houdini, Komodo, Leela, Stockfisch, Rybka, Socrates 2, Lichess, Playchess, Chesstempo ?

# 169 / 365

Simultanée multi-jeux

Le joueur américain Harry Pillsbury (1872-1906) l’habitude pour gagner sa vie, de jouer régulièrement des parties simultanées à l’aveugle un peu particulière, puisqu’il disputait en même temps 12 parties d’échecs, 6 parties de dames et une partie de whist (l’ancêtre du bridge) les yeux bandés. Il mourut à l’âge de 33 ans de la syphilis, diagnostic que mit en doute Lasker, estimant que le jeune américain avait succombé à une surcharge trop importante de ses capacités de mémorisation.

# 168 / 365

Kriegspiel

Le Kriegspiel est une variante d’échecs à information incomplète (s’agit-il encore de jeu d’échecs dans ce cas ?) dans laquelle chaque joueur voit seulement ses propres pièces, mais pas celles de son adversaire. Il joue donc devant un échiquier où seules les pièces de sa couleur sont présentes, idem pour son adversaire avec l’autre couleur. L’arbitre (indispensable dans cette variante) est le seul à voir la partie exacte sur son échiquier de contrôle. Le jeu se joue donc avec trois échiquiers, un pour chaque joueur, le troisième pour l’arbitre et les spectateurs. Chaque joueur joue donc son coup sans connaitre l’emplacement des pièces adverses, et aucune information sur le déroulement de la partie n’est donné, seules les prises sont indiquées par l’arbitre si elles ont lieu, mais de manière sibylline (exemple : « pion pris sur la case untel », ou « pièce prise sur la case untel »). Chaque joueur indique à l’arbitre le coup qu’il va jouer, ce dernier lui indiquant seulement si le coup envisagé est légal ou non. S’il est légal, le coup est joué, s’il est illégal le joueur en propose un autre.

# 167 / 365

Classement royal

Le tournoi de Birmingham de 1936 présente la particularité unique de compter cinq champions du monde, passés ou à venir, aux huit premières places dont trois sur le podium, respectivement Botvinnik, Capablanca et Euwe, Alekhine se classant sixième et Lasker huitième.

# 166 / 365

Écran de fumée

Botvinnik laissait très peu de place au hasard. La préparation de ses parties et de ses matchs était méthodique et complète. Ainsi Samuel Reshevsky avait l’habitude de fumer abondamment au cours de ses parties. Pour s’y préparer Botvinnik demandait à ses secondants de fumer lors des parties d’entraînement et de ne pas hésiter à lui souffler la fumée au visage.

# 165 / 365

Simultanée de champions du monde

Il n’est pas rare qu’un champion du monde affronte l’un de ses successeurs au cours d’une partie simultanée. Ainsi en 1924, Botvinnik alors âgé de 13 ans affronta Lasker et l’année suivante battit Capablanca au cours de l’une d’entre elles et la première partie entre Karpov et Kasparov se déroula en 1975 au cours d’une simultanée, Gary avait 12 ans, Anatoly 24 ans et le plus âgé des deux l’emporta.

# 164 / 365

Seul avec maman

Plusieurs champions du monde possèdent une particularité biographique commune, la disparition précoce de leur père et le fait d’avoir été élevé par leur mère. Ainsi, les parents de Botvinnik, Spassky et Fischer se séparent quand ces derniers sont enfants et le père de Garry Kasparov meurt quand ce dernier n’a que 8 ans.

# 163 / 365

Naturalisés

Alexandre Alekhine débuta en 1927 son match pour le titre mondial contre Capablanca avec la nationalité russe. Il le termina vainqueur avec la nationalité française. En effet sa demande de naturalisation fut effective au cours du championnat. Alekhine devint ainsi le premier et jusqu’à ce jour le seul champion du monde français. Notons qu’un autre champion du monde, Boris Spassky, titré en 1969 et défait par Fischer en 1972, fut naturalisé français en 1978 et disputa plusieurs Olympiades au premier échiquier de l’équipe tricolore.

# 162 / 365

Longévité

En 1936 à Moscou, alors âgé de 68 ans, Emmanuel Lasker disputa à Moscou un tournoi où jouaient également Botvinnik et Capablanca. Il termina à la 6ème place. Pour la première fois depuis 50 ans, il n’était pas sur le podium d’un tournoi qu’il disputait.

# 161 / 365

La partie de l’Opéra

Elle est régulièrement classée comme l’une des meilleures parties de l’histoire du jeu et pourtant elle opposa, en octobre 1858 un génie, Paul Morphy et deux amateurs en consultation, le Duc de Brunswick et le Comte Isouard de Vauvenargue. La partie se déroula dans la loge du Duc, salle Lepeletier de l’Opéra de Paris lors d’une représentation du Barbier de Séville ou bien de La Cenerentola de Rossini, à moins qu’il ne s’agisse de La Norma de Bellini ou pour certains des Noces de Figaro de Mozart. Aujourd’hui encore le consensus historique sur l’opéra donné ce soir-là n’est pas établi.
La partie est inscrite à jamais au Panthéon du jeu, du fait de sa position finale, car Paul Morphy avec seulement sept pions, une tour et un fou blanc, mate en dix-sept coups les noirs encore dotés de cinq pions, une tour, un fou, un cavalier et la dame !
Courte donc facilement mémorisable, pleine de sacrifices de pièces et toute d’attaque, cette partie figure dans toutes les anthologies de parties et dans bien des leçons données par les enseignants du monde entier.
À vos échiquiers : 1. e4 e5 2. Cf3 d6 3. d4 Fg4 4. dxe5 Fxf3 5. Dxf3 dxe5 6. Fc4 Cf6 7. Db3 De7 8. Cc3 c6 9. Fg5 b5 10. Cxb5 cxb5 11. Fxb5+ Cbd7 12. 0-0-0 Td8 13. Txd7 Txd7 14. Td1 De6 15. Fxd7+ Cxd7 16. Db8+ Cxb8 17. Td8#

# 160 / 365

Le père des échecs soviétiques

Beaucoup ignorent son nom, mais Alexandre Iline-Genevski fut celui qui ancra le jeu d’échecs à l’Union soviétique. Né en 1894, repéré comme membre d’une cellule bolchévique Iline s’exile en Suisse en 1911. Il devient champion d’échecs de la ville de Genève en 1914 et décide d’ajouter le patronyme Genevski qui a son nom. Bolchévique, mais avant tout patriote, en 1914 il rentre en Russie et s’engage dans l’armée du tsar. Une grave blessure affecte profondément sa mémoire, à tel point qu’il doit réapprendre à déplacer les pièces sur un échiquier. À 20 ans, il devient administrateur du district militaire de Petrograd. Pour bon nombre de bolchéviques, le jeu d’échecs est une activité bourgeoise ce qui fait qu’un grand nombre de cafés où l’on jouait aux échecs sont fermés, voire pillés et des bibliothèques échiquéennes sont sauvées de justesse des flammes. En 1920 Iline-Genevski décide de faire des échecs une activité digne de la révolution russe. Et il obtient que l’état, et non un mécène privé, finance la première « olympiade d’échecs de toutes les Russies », que remportera Alekhine. Il devient rédacteur en chef de la revue Shakmaty et disputera plusieurs championnats d’URSS. Mais à la fin des années 1930 les séquelles de sa blessure de guerre se font à nouveau ressentir, il abandonne les échecs et mourra en 1941 durant le siège de Saint-Pétersbourg.

# 159 / 365

Droits d’auteur

Emmanuel Lasker, le deuxième champion du monde, tenta d’imposer aux éditeurs et aux journaux la notion de droit d‘auteur concernant les parties d’échecs. Il considérait anormal que les créateurs de parties et de positions ne touchent aucune rémunération sur leurs œuvres, alors que les lecteurs paient pour les lire et les rejouer. En vain.

# 158 / 365

Un jeu exotique

Quand il arrive en Occident au Xème siècle en venant d’Orient et de Perse, le jeu d’échecs est un jeu extrêmement exotique pour le cadre mental féodal. En effet, à cette époque la notion même de bataille n’existe pas, elle n’interviendra dans l’histoire occidentale qu’à Bouvines en juillet 1214. De même, l’essentiel n’est pas de vaincre, mais de combattre. Ainsi, au soir d’un tournoi c’est bien le chevalier qui a été le plus vaillant qui est déclaré vainqueur et non celui qui a vaincu le plus grand nombre d’adversaires. L’idée d’emprisonner le roi, de le rendre mat est totalement étranger au monde occidental. Quant à la symbolique des pièces, éléphant, chariot, vizir, elle donnera lieu à une occidentalisation progressive, donnant naissance aux pièces que nous connaissons aujourd’hui, Fou, Tour et Dame.

# 157 / 365

7 heures et 45 minutes

La 6ème partie du match entre Magnus Carlsen et Nepomniachtchi, restera sans doute comme l’une des plus fameuses de toutes les parties de championnat du monde jouées depuis 1886. 7 heures et 45 minutes de jeu et 136 coups, firent de cette partie un moment d’histoire. La plus longue partie jusqu’alors était la 5ème du matche Karpov – Kortchnoï de 1978 à Baguio, avec 124 coups joués et au final un résultat nul.
Au 114ème coup la position qui apparaît sur l’échiquier est considérée comme nulle par la théorie et les tables de finale. Mais Magnus Carlsen, à l’instar de son grand prédécesseur Emmanuel Lasker sait que le jeu d’échecs est avant tout la lutte entre deux volontés et il poursuit le bras de fer avec son adversaire jusqu’à ce que ce dernier commette l’imprécision irréparable que Carlsen ne manque pas de transformer en avantage définitif.

# 156 / 365

Prokofiev

Si de nombreux musiciens russes étaient passionnés du jeu d’échecs, comme Rimsky-Korsakoff, Moussorgski, Borodine ou Chostakovitch, le plus doué reste sans conteste Prokofiev qui peut se vanter d’avoir à son tableau de chasse, lors de parties amicales ou de simultanés rien moins que Lasker, Rubinstein et Capablanca. Il affronta également Alekhine et Tartakover témoignait que Prokofiev jouait au niveau d’un maître.

# 155 / 365

Pouchkine

Pouchkine, même s’il écrivit «la dame de pique» pratiquait autant les jeux de cartes que le jeu d’échecs. Ainsi, à l’hiver 1837, dans la nuit qui précéda son duel contre le baron Georges Charles d’Anthès, exilé français qui faisait une cour effrénée à l’épouse du poète, Pouchkine consacra la dernière nuit de sa vie à jouer aux échecs. Ce jeu que son épouse Natalia lui avait fait connaître.

# 154 / 365

La légende Arthurienne de Palamède

À côté du héros grec, le nom de Palamède est également celui d’un chevalier de la Table ronde. Il apparaît dans les textes au 13ème siècle et serait le fils du sultan de Babylone. Il se convertit au christianisme pour rejoindre la cour du roi Arthur et aurait fait venir d’orient le jeu d’échecs, afin d’instruire les chevaliers de la Table ronde et faciliter ainsi la quête du Graal. Palamède est également connu pour être le rival de Tristan, lui aussi follement amoureux d’Iseut, mais sans réciproque.

# 153 / 365

La légende de Palamède

Dans les nombreuses légendes qui viennent expliquer l’origine du jeu d’échecs, le nom de Palamède, fils de Nauplios, est souvent cité. Garçon particulièrement intelligent et rusé, il parvient à obliger Ulysse à participer à la guerre Troie. En effet, Ulysse n’a aucunement l’intention de participer à cette guerre et pour y échapper, fait mine d’être fou. Comprenant qu’Ulysse le trompe, Palamède décide de le confondre. Il arrache des bras de Pénélope son fils Télémaque et pointe un poignard sous sa gorge. Craignant pour son fils, Ulysse renonce à sa comédie et s’enrôle. Ce faisant, il devient l’ennemi d’Ulysse, qui bien plus tard, sous les remparts de Troie, fit croire à la trahison de Palamède, entrainant ainsi sa lapidation par l’armée grecque tout entière.
On raconte qu’avant cette fin funeste, pour distraire ses troupes Palamède inventa le jeu d’échecs.
Il est vrai que l’on prête également à Palamède l’invention de plusieurs lettres de l’alphabet, de l’arithmétique, de la monnaie, des poids et mesures, du jeu de dés et de la transmission des messages par les signaux de fumée. Alors pourquoi pas les échecs. Mais la recherche archéologique a prouvé depuis longtemps que le jeu d’échecs n’a aucune origine gréco-latine. Pourtant, en 1836, la première revue consacrée aux échecs aura pour titre, « le Palamède ».

# 152 / 365

Vers l’occident

Le jeu d’échecs arrive en occident par deux voies distinctes. Au milieu du 10ème siècle via la conquête musulmane par la voie méditerranéenne qui touche la Sicile et l’Italie puis l’Espagne et ensuite, au début du 11ème siècle par une voie plus septentrionale, qui voit les Scandinaves qui commercent dans l’Empire Byzantin et la mer Noire, découvrir le jeu et le conduisent en Ukraine, en Russie et au nord de l’Europe.

# 151 / 365

Einstein / Lasker

Albert Einstein a dit de lui « c’est l’une des personnes les plus intéressantes qu’il m’ait été donné de connaitre dans ma vie. » Il parlait d’Emmanuel Lasker (champion du monde de 1894 à 1921).

# 150 / 365

Joueur et dirigeant

Le jeu d’échecs et le monde soviétique ont été intimement liés au cours du 20ème siècle, mais pour autant tous les dirigeants soviétiques n’étaient pas joueurs d’échecs. Si Lénine et Trotski l’étaient, Staline pas du tout, pas plus que Khrouchtchev, Brejnev, Andropov, Tchernenko où Gorbatchev, alors que Boris Eltsine était un joueur émérite, tout comme les camarades Tito, Castro ou Guevara.

# 149 / 365

Le premier tsar

Le premier tsar russe Ivan le Terrible mourut devant un échiquier en 1584, alors qu’il s’apprêtait à affronter Boris Goudounov. On connait cette anecdote grâce à l’ambassadeur anglais de l’époque qui rapporta le fait à la reine Élisabeth 1ère elle-même forte joueuse d’échecs. Mort naturelle ou empoisonnement, le débat historique dure encore.

# 148 / 365

Le fils de Tamerlan

Tamerlan, grand conquérant de l’Asie centrale et occidentale au 12e siècle et fondateur de la ville de Samarcande nomma l’un de ses fils Shah-Roukh (Roi-Tour en persan) car il avait appris la nouvelle de sa naissance alors qu’il disputait une partie d’échecs.

# 147 / 365

Qu’en pensez-vous ?

Nous soumettons à votre méditation cette citation de philosophe Moses Mendelsshon « les échecs sont trop sérieux pour être un jeu, mais trop ludiques pour être pris au sérieux ».

# 146 / 365

Le champion d’échecs du monde libre

En 1952, un chroniqueur du New York Times déclare l’américain Samuel Reshevsky comme étant « le champion d’échecs du monde libre » et propose un match l’opposant au champion du monde depuis 1948, le Soviétique Botvinnik, afin d’assister dit-il, à l’affrontement américano-soviétique que tout le monde attend. Il est vrai qu’une telle opposition via le cycle officiel semble bien improbable à l’époque, quand on sait que le tournoi des candidats 1950 a vu 5 Soviétiques occuper les 6 premières places. Il faudra patienter 20 ans encore pour assister à un tel choc.

# 145 / 365

Zugzwang

Au jeu d’échecs, le mot allemand Zugzwang (Zug = coup et Zwang = contrainte) est internationalement utilisé, pour décrire la situation où se trouve un joueur dans l’obligation de joueur un coup défavorable. Il ne dispose alors d’aucun bon coup à jouer et comme la règle du jeu ne permet pas de passer son tour, il lui faut choisir le moins pire des coups à sa disposition. Le zugzwang ultime obligeant tout simplement à l’abandon.

# 144 / 365

Zeitnot

Aux échecs le mot allemand Zeinot (Zeit = temps et Not = pénurie, crise, urgence) est internationalement utilisé, pour décrire la situation où se trouve un joueur, auquel il ne reste que très peu de temps pour jouer plusieurs coups avant la fin de la partie, ou le contrôle de temps au 40ème coup. Le manque de temps de réflexion et l’obligation de jouer l’ensemble des coups dans le temps imparti, rend la situation très tendue et peut faire basculer une position pourtant favorable sur l’échiquier.

# 143 / 365

Gracq

Les écrivains curieux et passionnés du jeu d’échecs ne sont pas si nombreux, et ceux qui en parlent avec profondeur moins encore. Julien Gracq appartient à cette catégorie rare. Il explique « je n’ai jamais été initié aux échecs. J’ai tâtonné dans leur direction de moi-même, sans guide, difficilement mais obstinément, je leur ai appartenu dès le début sans que j’y eusse la moindre aptitude, comme la boussole au pôle magnétique. (Lettrines II) dans un entretien avec Jean Daive en 1977, il précise «je suis un lecteur de parties d’échecs plutôt qu’un joueur, parce que je ne suis pas doué du tout pour jouer. Il y a certaines qualités qui me manque, en particulier l’imagination visuelle des coups.»

# 142 / 365

Go

Dans leur « Petit traité invitant à la découverte de l’art subtil du Go » Georges Perec, Jacques Roubaud et Pierre Lusson, écrivent ceci :
Qu’il nous soit permis de résumer ici tout le mal que nous pensons des échecs.
1. C’est un jeu féodal, fondé sur l’Exaltation du Tournoi et l’inégalité sociale.
2. C’est un jeu dont les règles varient tous les trois siècles.
3. C’est un jeu d’une antiquité contestable (à peu près contemporain de la Canasta !)
4. C’est un jeu qui (comme les Dames !) ne connaît que trois issues sans nuances : la victoire, la défaite, le nul. On gagne, on perd, certes, mais on ne peut pas gagner d’un point, ce qui est l’un des suprêmes raffinements du Go !
5. Pis d’abord, ce n’est pas un jeu qui rend poli !
6. Deux joueurs de force différente ne peuvent pas jouer ensemble avec intérêt pour le plus fort.
7. Une partie d’échecs dure tout au plus trente coups.
8. C’est un jeu confus où il n’y a pas deux pièces qui fassent la même chose.
9. Nous ne savons pas jouer aux échecs.

# 141 / 365

Faire mourir d’ennui la machine

À la fin des années 1990 Viswanathan Anand est opposé à un fort ordinateur. Témoin de la déconvenue de Kasparov contre Deep Blue quelque temps auparavant, Anand opte pour une stratégie hyper positionnelle et résolument non tactique. Il déclare « je vais faire mourir d’ennui l’ordinateur ». Les parties jouées contre la machine sont alors extrêmement fermées et totalement bloquées, elles durent un temps infini, tant et si bien que les opérateurs de la machine, lassés, optent pour la partie nulle. Dans une autre partie contre un autre programme au 80ème coup Anand joue un coup en se fiant à sa seule intuition qui s’avérera payante 60 coups plus tard. L’intuition du champion du monde surpassant la force de calcul de la machine. En 2007, Nakamura joue lui aussi contre un ordinateur une partie exempte de toute tactique qui le voit gagner après 150 coups.

# 140 / 365

Les grands duels

Aux échecs, comme au tennis, les plus grands duels naissent d’une franche opposition de style. Au tennis quand un joueur de filet comme McEnroe affronte un joueur de fond de court comme Borg, c’est la diversité du tennis qui se trouve présente sur le court et provoque des parties d’anthologie. Aux échecs quand un attaquant de génie affronte un défenseur de génie, c’est toute la puissance inventive et créatrice des échecs qui est présente sur l’échiquier. Ainsi les plus grand duels de l’histoire du jeu d’échec, sont avant tout des oppositions de style. Pensons à Capablanca contre Alekhine, Tal contre Botvinnik ou Karpov contre Kasparov.

# 139 / 365

Le premier français

Il est le premier français avoir disputé un championnat du monde des échecs, mais les Français semblent avoir oublié David Janowski. Pourtant, au début du 20e siècle il n’était rien moins que l’un des meilleurs joueurs du monde et affronta en 1910, Emmanuel Lasker pour le titre suprême. Jose Raul Capablanca disait de lui « dans un bon jour, il est le plus redoutable des adversaires. » Mais ce championnat du monde fut une suite de mauvais jour. Lasker conserve donc son titre pour la sixième fois, après seulement 11 parties (+8 -0 =3). Le fort joueur et commentateur Marco résuma ainsi le match « Soit Lasker gagnait, soit Janowski perdait ! »

# 138 / 365

Les 3 sœurs

Pédagogue et enseignant d’échecs, le hongrois Lazlo Polgar avait la conviction que le génie est du domaine de l’acquis et non de l’inné. Il disait « si un enfant nait en bonne santé, c’est un génie en puissance » et il identifiait deux caractéristiques pour la parfaite maitrise d’une pratique sportive ou artistique, l’apprentissage précoce puis un travail énorme et régulier. Cette conviction, il l’appliqua à ses 3 filles, Susan née en 1969, Zsofia (1974) et Judith (1976) qui furent scolarisées à la maison et outre les programmes scolaires obligatoires, bénéficièrent d’un enseignement poussé, en langues vivantes, en mathématiques et aux échecs C’est ainsi que les trois sœurs devinrent chacune Grand Maitre, aucune des trois sœurs ne disputa de tournoi exclusivement féminin, en 1996 Judith intègrera le club des 10 meilleurs joueurs du monde et en 2002 sera la première femme à battre Garry Kasparov dans une partie officielle.

# 137 / 365

La revanche

En 1960, Tal devint champion du monde au détriment du champion en titre Botvinnik. Comme il était de coutume à l’époque, ce dernier a droit à un match revanche les mois suivants. Afin de ne pas vivre une seconde désillusion, Botvinnik se mit à étudier en détail toutes les parties jouées par Mikhaïl Tal. Ce dernier pu dire « Botvinnik connaît mon jeu, mieux que je ne le connais moi-même. » Manifestement ce travail paya, puisque Botvinnik redevint champion du monde.

# 136 / 365

Hypermnésie #3

Tal venait de donner une simultanée à l’aveugle contre 35 adversaires quand, lors du repas qui suivit cette performance, une conversation débute entre Mikhaïl Tal et son voisin de table, durant laquelle le champion Letton lui demande quel était son numéro d’échiquier, et lorsque celui-ci lui donne Tal lui répond au vingt-septième coup j’ai manqué un bon coup contre vous, le voisin éberlué s’étonne vous vous souvenez donc de la partie ? Tal répondit, non seulement je me souviens de notre partie mais je me souviens de toutes les parties.

# 135 / 365

Hypermnésie #2

Le joueur letton et champion du monde Mikhaïl Tal, fit dès sa plus jeune enfance preuve d’une précocité intellectuelle et de capacités de mémorisation hors du commun. Son père, médecin, lui demandait parfois de l’accompagner dans ses visites, profitant du trajet pour lui faire apprendre par cœur des pages du dictionnaire médical que le jeune Tal récitait, à sa demande, sans la moindre erreur, tandis que son père auscultait le patient.

L’hypermnésie #1 d’Alekhine est présentée à l’anecdote numéro 31.

# 134 / 365

Pourquoi faire simple ?

Le philosophe Gilles Deleuze parlait ainsi des échecs « les jeux les plus nobles, comme les échecs, sont ceux qui organisent une combinatoire des places dans un pur spatium infiniment plus profond que l’étendue réelle de l’échiquier et l’extension imaginaire de chaque figure. » Fort heureusement, Deleuze n’était pas toujours aussi jargonneux et nous ne pouvons qu’encourager nos lecteurs, à se plonger dans le visionnage de L’abécédaire de Gilles Deleuze, formidable conversation dans lequel on aurait bien aimé que la lettre E ne soit pas consacrée à l’enfance mais bien aux échecs, et qu’il en parle avec autant d’intelligence que lorsque à la lettre T il parle tennis.

# 13 3/ 365

Le 13 porte-bonheur

Le chiffre 13, qu’il soit ou non associé au vendredi, reste dans l’imaginaire de beaucoup soit un chiffre porte-malheur ou tout au contraire un chiffre porte-bonheur. C’est cette seconde perspective que retient Garry Kasparov qui ne manque pas de signaler que né un 13 avril, il est devenu le 13ème champion du monde, en 1985 (8+5=13), sur le score de 13 points 11.

#132 / 365

Le père d’Alice

En août 1860 Steinitz et Anderssen disputent un match à Londres et, parmi les spectateurs, se trouve Lewis Carroll l’auteur d’Alice au pays des merveilles. Dans son livre À travers le miroir, publié en 1867 et qui se veut être une suite d’Alice au pays des merveilles le jeu d’échecs est particulièrement présent puisque Alice tente d’apprendre les échecs à son petit chat, puis décide de passer de l’autre côté du miroir, où elle découvre un pays étrange découpé comme un échiquier, dans lequel Alice parvenant à atteindre la huitième rangée de l’échiquier, deviendra reine de la même manière que le pion se voit promu lors d’une partie.

#131 / 365

Tartakover dans le texte

Célèbre pour ses livre le bréviaire des échecs et Tartakover nous parle le grand maître d’origine polonaise a laissé un grand nombre de citations savoureuses dont celle-ci : une partie d’échec se divise en 3 étapes : la première, où vous espérez avoir l’avantage, la deuxième, où vous croyez avoir l’avantage et la troisième, où vous prenez conscience que vous êtes en train de perdre !

#130 / 365

Kibitzer

Le mot kibitzer, d’origine yiddish, désigne le spectateur d’une partie d’échecs, plus précisément celui qui préfère regarder une partie que la disputer, ou bien encore celui qui commente à voix haute, n’hésitant pas à offrir des conseils que nul ne lui demande, surtout pas les joueurs en action à ce moment-là.

#129 / 365

Le loup dans la bergerie

Garry Kasparov invita Vladimir kramnik à faire partie de son équipe de secondants et ce dernier lui ravit le titre quelques années plus tard. Vichy Anand invita Magnus Carlsen à faire partie de son équipe de secondants et ce dernier lui ravit le titre quelques années plus tard. Ian Nepomniachtchi fit partie d’une équipe de secondants de Magnus Carlsen, mais ne lui ravit pas le titre. Daniil Dubov et Jorden Van Foreest on fait partie de la dernière équipe de secondants de Magnus Carlsen. Affaire à suivre…

#128 / 365

Le guérisseur

Dans l’un de ses livres, le grand maître américain et célèbre commentateur sur internet Yasser Seirawan, raconte l’anecdote suivante. En 2001, au tournoi de Wijk aan Zee, Le joueur ukrainien Vassily Ivanchuk, vient de perdre, pour cause de zeitnot, une partie pourtant gagnante contre Vladimir Kramnik. Il en est littéralement effondré. Alors qu’il se rend à son hôtel il rejoint Ivanchuk et Kasparov en grande conversation, dans la rue, sous la neige. Tous deux rejouent la partie, Ivanchuk propose ses analyses, Kasparov les entend, les approuve ou les réfute et ainsi durant de longues minutes, sans pièce ni échiquier sous les yeux. Seirawan conclu que « lorsqu’il arriva à son hôtel Vassili était guéri et libéré de sa douleur.»

#127 / 365

Souvenirs, souvenirs

À Moscou en 1985 dans la 11ème partie qui l’oppose à Anatoly Karpov dans le cadre du match du championnat du monde Garry Kasparov sacrifie sa dame au 23ème coup de la partie, et l’emporte deux coups plus tard. Il se trouve que ce piège à base de sacrifice de dame, Alexander Alekhine l’a joué 60 ans plus tôt contre le belge Edgar Colle. La mémoire encyclopédique de Garry Kasparov lui a fait reconnaître la position et joué le coup gagnant. Karpov a lui aussi reconnu cette partie, mais un coup trop tard.

#126 / 365

Les échecs sont-ils une science ?

Il est devenu un lieu commun de dire que les échecs sont à la fois, un jeu, un sport, une science et un art. En quoi sont-ils une science ? Le philosophe Karl Popper indique que l’on peut donner un caractère scientifique à une théorie, au fait qu’elle résiste aux tentatives de prouver qu’elle est fausse. Démontrer qu’une chose est universellement vraie est impossible, on peut tout au plus, dire que l’on n’a pas encore prouvé qu’elle était fausse mais que cette réfutation demeure possible. L’histoire des échecs regorges de variantes d’ouverture, pendant très longtemps considérées comme « vraies » ou irréfutables, jusqu’à ce que les analyses d’un joueur, d’une équipe de secondants ou d’un ordinateur, viennent prouver le contraire. Cette possible réfutation d’un élément théorique du jeu, constitue selon la définition de Popper, le caractère scientifique des échecs.

#125 / 365

La maîtrise du geste

Il est un aspect de la conduite de la partie d’échecs que l’on néglige parfois, la maîtrise gestuelle que doit posséder le joueur, et éviter ce que l’on nomme une « faute de main ». En blitz, savoir prendre rapidement une pièce, la remplacer par la sienne sur une case, puis rapidement appuyer sur la pendule, peut permettre aux joueurs adroits de gagner quelques secondes à chaque coup joué. De même, il n’est pas rare de voir un joueur toucher la mauvaise pièce, et alors le « j’adoube » ne lui est d’aucun secours, ou bien la poser sur la mauvaise case, ou bien encore la poser de manière tellement maladroite, qu’il en fait tomber d’autres et doit reconstituer la position sur l’échiquier avant d’appuyer sur sa pendule, perdant alors un temps précieux.

#124 / 365

Psychologie or not psychologie ?

Reconnaître ou identifier les modalités de l’ascendant psychologique, pris par un joueur sur un autre lors d’une partie d’échec, est un débat récurrent. Emmanuel Lasker deuxième champion du monde n’hésitait pas à jouer de ces ressorts psychologiques dans son choix d’ouverture par exemple, laissant envisager une issue heureuse à son adversaire, afin de déclencher chez lui une moindre concentration et pouvoir ainsi le surprendre. Pour d’autres cette dimension est totalement accessoire, ainsi Bobby Fischer disait «je ne crois pas à la psychologie, je ne crois qu’aux bons coups.»

#123 / 365

Répétition incomplète

Parmi les manœuvres de déstabilisation destinées à prendre un ascendant psychologique sur son adversaire, il en est une fameuse qui consiste, alors que l’on a un avantage manifeste mais non décisif, à répéter deux fois la même position. La règle du jeu indique que si la répétition apparaît trois fois sur l’échiquier, la partie sera nulle. L’adversaire, à cet instant en position inférieure est alors psychologiquement bousculé par cette situation : l’adversaire va-t-il répéter une troisième fois lui permettant de sauver en quelque sorte la partie nulle, ou bien joue-t-il avec ses nerfs ? Quoi qu’il en soit, cette manœuvre ne peut le laisser indifférent.

#122 / 365

Simple comme un coup de fil

En 1972, Bobby Fischer doit affronter Boris Spassky à Reykjavik pour le titre de champion du monde, mais, fidèle à son personnage, Fischer n’est pas présent sur le sol islandais le jour de la cérémonie d’ouverture, et beaucoup se demandent si le match aura finalement lieu. Pour dénouer la situation, Henry Kissinger, conseiller du président Richard Nixon téléphone à Robert Fischer et débute sa conversation par ces mots devenus célèbres « ici le plus mauvais joueur du monde, j’aimerais parler au meilleur ». On connaît la suite !

#121 / 365

L’invité de dernière minute

En 1986, lors du tournoi de Londres, celui qui est devenu le plus français des grands maîtres britanniques Glenn Flear créé l’une des plus grandes surprises jamais survenue lors d’un tournoi d’échecs. Seulement maître international à l’époque (il sera grand maître l’année suivante) il est appelé à participer à ce tournoi à la toute dernière minute, en remplacement d’un joueur absent. À la surprise générale, il l’emporte avec 1/2 point d’avance devant rien moins que Chandler, Short, Nunn, Ribli, Polugaevsky, Portisch, Spassky, Vaganian, Speelman et Larsen.

#120 / 365

La mazette

Le dictionnaire Littré définit la mazette comme étant un mauvais petit cheval et par extension quelqu’un de faible et malhabile. Dans le jargon échiquéen, une mazette qualifie un joueur faible. On retrouve cette expression dans le proverbe échiquéen «quand une mazette voit un échec au roi, une mazette joue l’échec au roi !»

#119 / 365

Une fourchette assassine

Aux échecs, une fourchette ne désigne pas l’ustensile de table, mais une attaque double menée par un pion ou une pièce. Deux de ses pièces se trouvant menacée par une seule, votre adversaire n’a plus qu’un choix à faire, laquelle des deux sauver !

#118 / 365

La pointe

Dans le vocabulaire échiquéen, la pointe définit le coup le plus caché, le plus souvent le dernier, d’une combinaison tactique. C’est la pointe qui révèle la profondeur de la combinaison et son idée sous-jacente. Quand on la voit apparaître sur l’échiquier, ça pique !

#117 / 365

Ruy Lopez à travers le temps

Le prêtre espagnol Ruy Lopez de Segura (1530 1580), l’un des 3 meilleurs joueurs de son époque, serait fort étonné, s’il pouvait voyager dans le temps, de mesurer combien il a laissé un héritage éternel au jeu d’échecs. En effet, l’ouverture dite Espagnole, sans doute l’une des plus jouées au monde depuis des siècles, est parfois dénommée l’ouverture Ruy Lopez, car il est le premier à avoir compris et théorisé l’importance de la pression indirecte du pion central des noirs, liée au clouage du cavalier c6.

#116 / 365

Une ouverture à son nom !

Il est aux échecs des premiers coups peu joués, car peu recommandables, qui ont au moins le mérite d’avoir laissé le nom de leur auteur à la postérité. Citons pêle-mêle : l’ouverture Van Kruys 1.e3, l’ouverture Barnes 1.f3, l’ouverture Clémentz 1.h3, l’ouverture Desprès 1.h4 ou bien encore l’attaque Durkin 1.Ca3 dont on peut interroger tout de même la dénomination d’attaque !

#115 / 365

Style positionnel

On dit d’un joueur qu’il possède un style positionnel, quand son jeu privilégie les manœuvres stratégiques à longue durée, plutôt que le jeu de combinaison et les pièges tactiques. Le jeu positionnel se caractérise par le positionnement des meilleures pièces sur les meilleures cases, sécurisant son propre jeu et, peu à peu, étouffant le jeu adverse.

#114 / 365

Blitz à haut niveau

Le premier tournoi de Blitz entre très forts grands-maîtres, se déroula le 8 avril 1970 à Herceg Novi au Monténégro. Y participaient Fischer, Tal, Kortchnoï ou Petrossian. Fischer l’emporta avec 19 points sur 22, ne concédant qu’une seule défaite contre Kortchnoï. Depuis plusieurs années, la plus forte compétition de Blitz est le Championnat du Monde, qui se déroule traditionnellement entre Noël et le premier de l’an, dont le français Maxime Vachier-Lagrave est le tenant du titre depuis 2021.

#113 / 365

Parties par correspondance

Entre 1824 et 1828, les villes de Londres et Édimbourg s’affrontèrent dans un match en 4 parties par correspondance, les coups étant acheminés une ville à l’autre par diligence. Chaque ville réunissait une dizaine de joueurs qui pouvaient se consulter dans le choix des coups à jouer. Les Écossais l’emportèrent par deux victoires à une et une partie nulle. Ce type de match, souvent parrainé par des journaux qui publiaient les parties, se développa dans la première partie du 19ème siècle.

#112 / 365

Le pion passé

On qualifie un pion de « pion passé » quand sa progression vers la dernière rangée ne rencontrera pas de pions adverses, ni sur sa colonne ni sur les colonnes adjacentes. Il est donc en position favorable pour aller jusqu’à la promotion, et ne pourra être stoppé ou bloqué que par une pièce adverse. Posséder un pion passé constitue un fort avantage.

#111 / 365

Jeu fermé

On qualifie de jeu fermé, une position : dans lesquels les pièces comme la dame, le fou ou la tour, ont peu de possibilités d’agir à longue distance ; où les pions ferment le centre empêchant les transferts rapides de pièces d’une aile à l’autre ; où les menaces directes sont peu nombreuses. La pièce la plus à l’aise dans le jeu fermé reste le cavalier, car il peut enjamber les obstacles.

#110 / 365

Soviétiques mais pas russes

L’Union soviétique domina le monde des échecs de 1948 à 1991, avec pas moins de 7 champions du monde, seul l’américain Bobby Fischer entre 1972 et 1975 brisant l’hégémonie soviétique. En revanche tous ces champions du monde n’étaient pas russes. Botvinnik, Smyslov, Spassky, Karpov, l’étaient, Tal venait de Lettonie, Petrossian d’Arménie, Kasparov était quant à lui un Azerbaïdjanais d’origine arménienne.

#109 / 365

L’ouverture anglaise

L’ouverture anglaise, caractérisée par le premier coup blanc c4, doit son nom au champion britannique Howard Staunton qui l’utilisa dans la première moitié du 19ème siècle. Dans les années 1920, l’école hypermoderne développant l’idée qu’il convenait de contrôler le centre à distance plutôt que de l’occuper, en fit l’une des ouvertures majeures du répertoire hypermoderne. L’ouverture anglaise est aujourd’hui jouée régulièrement au plus haut niveau, comme par les joueurs amateurs.

#108 / 365

Jouer « a tempo »

Dans le vocabulaire échiquéen, jouer un coup « a tempo » signifie, répondre à un coup adverse immédiatement, ou en n’utilisant que quelques secondes de réflexion. Jouer « a tempo » dans l’ouverture, signifie souvent que l’on est encore dans sa préparation ou dans son champ de connaissances théoriques et en milieu de partie que l’on a profondément calculé la variante à jouer. Mais parfois, jouer « a tempo » n’est tout simplement que jouer trop rapidement et commettre une imprécision ou une gaffe.

#107 / 365

Météores américaines

Est-ce une coïncidence ou une particularité très américaine ? Toujours est-il que les États-Unis ont produit dans l’histoire du jeu, trois météores qui régnèrent sur leur époque durant quelques années puis disparurent à jamais de la vie échiquéenne. Paul Morphy (1837-1884) dont la carrière échiquéenne dura réellement de 1857 à 1859, période où il fut sans doute le meilleur joueur du monde, pour ensuite totalement cesser la pratique du jeu. Nelson Pillsbury (1872-1906) joueur de tout premier plan entre 1892 et sa mort prématurée en 1906 et Bobby Fischer (1943-2008) qui, en 1975, refusa de remettre en jeu son titre de champion du monde, acquis en 1972, et ne disputa plus dès lors aucune partie officielle.

#106 / 365

Le trébuchet fait trébucher

Aux échecs le trébuchet n’est pas une pièce d’artillerie du Moyen Âge, mais un piège tactique déterminant pour gagner bon nombre de finales de pions, qui consiste à approcher son roi d’un pion pour le protéger, mais de façon à être contraint de l’abandonner le coup suivant. À vos manuels de finales pour réviser !

#105 / 365

Linares, capitale des échecs

La ville andalouse de Linares fut entre 1990 et 2010, la capitale mondiale des échecs, accueillant chaque année les meilleurs joueurs du monde dans le cadre du « Torneo Internacional de Ajedrez Ciudad de Linares”. Créé en 1978 par Luis Rentero, le tournoi gagna chaque année en notoriété, pour devenir à la fin des années 90 et au début des années 2000, le rendez-vous absolu des amateurs d’échecs. Garry Kasparov le remporta à 9 reprises entre 1990 et 2005.

#104 / 365

« Clouage »

Dans le vocabulaire échiquéen, une pièce est dite « clouée » quand, sur une même diagonale ou une même ligne, elle se trouve entre une pièce importante, comme la dame ou roi par exemple, et la pièce qui menace cette dernière. S’il s’agit d’un roi, le clouage est dit absolu et la pièce ne peut donc quitter la case où elle se trouve, Pour toute autre pièce, on dira alors qu’il s’agit d’un clouage relatif, la pièce est donc réglementairement autorisée à changer de case, ce qu’elle ne fera généralement pas en pratique, du fait des conséquences sur la suite de la partie.

#103 / 365

Échec et mat

Si l’échec et mat constitue le but ultime d’une partie d’échecs, dans la pratique du jeu et plus particulièrement à haut niveau, l’échec et mat apparaît rarement sur l’échiquier. En effet, l’étiquette et la politesse font qu’un joueur qui sait qu’il sera maté dans quelques coups, ou qui se retrouve avec un déficit matériel trop important, abandonne la partie. L’échec et mat apparaît donc soit parce qu’il n’a pas été vu par l’adversaire soit, parce qu’intervenant au terme d’une combinaison particulièrement élégante, par respect, le joueur battu laisse la suite de coup aller à son terme.

#102 / 365

Échec au roi

Dans la règle du jeu, aucun coup n’entraîne une réponse obligatoire, à l’exception de la mise en échec du roi. Le roi est en effet, la seule pièce qui ne peut être capturée ou sacrifiée.

Face à un échec au roi 3 attitudes sont possibles :

1) bouger le roi pour qu’il échappe à l’échec,

2) prendre la pièce qui donne l’échec au roi,

3) interposer une pièce entre le roi et la pièce qui le menace.

#101 / 365

C’est un problème

Du jeu d’échecs, on connait la partie entre deux adversaires, mais il existe une autre manière de jouer aux échecs : le problème. Il se présente sous la forme d’une position, issue d’une partie réelle ou inventée totalement, et comporte une question du genre « les blancs jouent et gagnent », « les noirs font mat en 4 coups », etc. La résolution de problèmes est un entraînement tactique que tous les joueurs pratiquent, mais il existe, dans ce qu’on appelle la composition échiquéenne, des passionnés qui inventent (les problémistes) ou résolvent ce type de problème et ne disputent aucune partie. Les premières traces d’un problème d’échecs se trouvent dans des manuscrits arabes datant du 9ème siècle.

#100 / 365

Pièces contre roi

De quel matériel à minima doit on disposer pour mater un roi nu ?
Roi et dame contre roi, matent.
Roi et une ou deux tours contre roi, matent.
Roi et deux fous contre roi, matent.
Roi et fou plus cavalier contre roi, matent.
Roi et pion contre roi, matent si promotion du pion.

En revanche
Roi et fou contre roi, mat impossible.
Roi et un ou deux cavaliers contre roi, mat impossible.

#99 / 365

Le fou noir

Arrigo Boito, né en 1842 à Padoue et décéddé en 1918 à Milan, doit sa renommée aux livrets d’opéra dont il est l’auteur, notamment pour Verdi avec Simon Boccanegra (1881), Otello (1887) ou Falstaff (1893). Mais il est également l’auteur d’une nouvelle « Le Fou noir » L’Alfier nero (1867) consacrée au jeu d’echecs, qui mérite de mieux figurer au panthéon de la littérature échiquéenne.

#98 / 365

Aucune place au hasard

La Théorie des jeux classe le jeu d’échecs, comme un jeu à information parfaite et complète. Ce qui signifie que les coups sont joués successivement et non simultanément, et qu’aucune information n’est dissimulée, écoulement du temps, coups légaux possibles, pièces en jeu, etc. Lorsque son tour est venu de jouer, chaque joueur est renseigné sur l’intégralité du déroulement antérieur de la partie et tous les choix qu’il peut faire sont visibles sur l’échiquier. Aucune place au hasard.

#97 / 365

Deux camarades au café de la Régence

En 1844, au Café de la Régence à Paris, Karl Marx fait la connaissance de Friedrich Engels, dont il trouve le livre qui vient d’être publié « Condition de la classe ouvrière en Angleterre » brillant. Les deux hommes se découvrent, discutent, jouent aux échecs et une amitié naît entre eux, qui changera la face du monde.

#96 / 365

Le village des échecs

Le village allemand de Ströebeck, en Saxe est, dit-on, lié au jeu d’échecs depuis l’an mil. En 1011, selon la légende, l’évêque Arnulf de Halberstadt avait emprisonné Gunzelin de Kuckenburg, le prince de Meissen. Dans sa prison, Gunzelin aurait créé un jeu d’échecs et enseigné le jeu à ses gardes, qui le répandirent dans le village et la tradition perdura. Selon le Duc de Brunswick, au 18ème siècle, tous les habitants du village jouent aux échecs. Depuis 1823 les échecs y sont obligatoires dans les établissements scolaires locaux et l’école primaire porte le nom d’Emmanuel Lasker.

#95 / 365

Edgar Allan Poe préfère les dames

Edgar Allan Poe établit la comparaison suivante entre jeu de dames et jeu d’échecs :  » Je prends donc cette occasion de proclamer que la haute puissance de la réflexion est bien plus activement et plus profitablement exploitée par le modeste jeu de dames que par toute la laborieuse futilité des échecs. Dans ce dernier jeu, où les pièces sont douées de mouvements divers et bizarres, et représentent des valeurs diverses et variées, la complexité est prise – erreur fort commune – pour de la profondeur. L’attention y est puissamment mise en jeu. Si elle se relâche d’un instant, on commet une erreur, d’où il résulte une perte ou une défaite. Comme les mouvements possibles sont non seulement variés, mais inégaux en puissance, les chances de pareilles erreurs sont très multipliées ; et dans neuf cas sur dix, c’est le joueur le plus attentif qui gagne et non pas le plus habile. Dans les dames, au contraire, où le mouvement est simple dans son espèce et ne subit que peu de variations, les possibilités d’inadvertance sont beaucoup moindres, et l’attention n’étant pas absolument et entièrement accaparée, tous les avantages remportés par chacun des joueurs ne peuvent être remportés que par une perspicacité supérieure. »

#94 / 365

Paulsen « le lent »

Le joueur américain du 19ème siècle Louis Paulsen avait la réputation, non usurpée, d’être un joueur extrêmement lent. Pour preuve la durée de ses parties jouées contre Paul Morphy en 1857, lors du premier championnat des États-Unis : la première partie dura cinq heures et trente minutes, la seconde pas moins de quinze heures (jouée en une seule journée), onze heures pour la troisième, six pour la quatrième, dix heures pour la suivante, mais quatre heures seulement pour la sixième, quatre heures et quinze minutes pour l’avant-dernière et six heures pour la dernière partie. Morphy fit en sorte alors pour ne plus jamais affronter le trop lent Paulsen, lui qui réfléchissait en moyenne douze minutes par coup.

# 93 / 365

Demi-point

C’est en 1867 que la partie nulle compte désormais pour un demi-point, quand jusqu’alors elle n’était pas comptabilisée, seule la victoire ou la défaite étant prises en compte. Cependant durant de nombreuses années, la partie nulle était à rejouer, le score de cette seconde partie attribuant 3/4 de point au vainqueur et 1/4 de point au perdant, on retrouve notamment ce système lors du tournoi de Monte-Carlo en 1901 et 1902.

# 92 / 365

Lisa à la Une

Le 7 août 1961, Lisa Lane fait la couverture de Sports illustrated, 10 ans avant Bobby Fischer. À ce jour, ce sont les deux seuls joueurs d’échecs à avoir eu cet honneur. Née en 1938, Lisa n’a pas 20 ans quand, au volant de la voiture de sa mère elle tue accidentellement une personne âgée. Au cours de la profonde dépression qu’entraîne chez elle cet événement, elle découvre les échecs et en seulement deux ans de pratique, devient championne des États-Unis, reçoit le titre de maître international féminin et participe au tournoi des candidates en 1961. Mais, elle vit très mal chaque défaite et que sa beauté lui vaut plus de commentaires et d’intérêt que son jeu, si bien qu’elle quitte le monde des échecs avant la fin des années 1960.

# 91 / 365

Mozart des échecs

Une telle dénomination fait partie des facilités de langage qu’emploient beaucoup trop de journalistes et nombreux sont les joueurs qui en ont bénéficié. Mais s’il en est un, pour lequel la comparaison n’est pas fortuite, c’est sans doute Samuel Reshevsky, au sens où, comme son illustre prédécesseur musicien, il fut dès sa petite enfance sujet à des démonstrations virtuoses. Si Mozart, encore enfant jouait du piano ou du violon les yeux bandés, Samuel disputait des simultanées et affrontait de très forts joueurs, parfois même à l’aveugle, alors qu’il n’avait pas 8 ans. En 1924, à l’âge de 12 ans, Samuel Reschevsky fut contraint par les autorités américaines à se rendre pour la première fois de sa vie dans une école, un tuteur lui ayant été désigné en lieu et place de ses parents, considérés comme se livrant à l’exploitation mercantile du talent de leur enfant.

# 90 / 365

Apprendre seul

Ils sont nombreux parmi les meilleurs joueurs de l’histoire, mais également parmi de très nombreux grands maîtres, à avoir appris et compris les fondements et les règles du jeu d’échecs par la seule observation. Philidor en regardant ses camarades du chœur de la chapelle royale de Versailles, Paul Morphy en suivant avec attention les parties de son père et de ses oncles disputées à la maison, Garry Kasparov écoutant ses parents discuter ensemble quand ils résolvaient des problèmes d’échecs publiés dans la presse.

# 88 / 365

Champion du monde de fiction

Ils sont, sans doute, les deux champions du monde d’échecs les plus célèbres des œuvres de fiction : Mirko Czentovic, présent dans la nouvelle de Stefán Zweig le joueur d’échecs et Vassili Borgov adversaire redouté de Beth Harmon dans le roman de Walter Tevis et la série Netflix le jeu de la dame.

# 87 / 365

Partie longue …

Une partie d’échecs dure en moyenne entre 30 et 40 coups. La partie d’échecs officielle comprenant le plus grand nombre de coups a été jouée à Belgrade en 1989, entre Ivan Nikolic et Goran Arsovic. Elle a duré 269 coups, joués en 20 heures et 15 minutes et s’est terminée par une partie nulle.

# 86 / 365

Sens de la répartie

Capablanca s’apprête à jouer une partie contre un amateur et, pour équilibrer la partie, retire sa propre dame de l’échiquier. Son adversaire du moment, ignorant totalement qu’il a affaire à Capablanca ex-champion du monde, s’en étonne et l’interroge : mais enfin monsieur, vous ne me connaissez pas, il est possible que je vous batte ! à quoi Capablanca répond du tac au tac : monsieur si vous pouviez me battre, je vous connaîtrais !

# 85 / 365

Code secret

Au cours de la Première Guerre mondiale, Capablanca alors installé aux États-Unis, entretenait une correspondance régulière avec le deuxième champion du monde Emmanuel Lasker, citoyen allemand résidant en Allemagne. En 1918, Capablanca eut la surprise d’être interrogé par des agents des services secrets américains, le sommant de bien vouloir expliquer la signification des symboles et codes étranges (comme 1. e2-e4 ou Fxh7+) que ce dernier échangeait par courrier avec un Allemand ! On peut en déduire que l’apprentissage des échecs n’était au programme des services secrets américains.

# 84 / 365

Le grand saut

Joseph Henri Blackburne était réputé pour son caractère versatile, le menant alternativement d’une grande agitation au désespoir le plus profond. C’est ainsi qu’ayant perdu une partie contre Steinitz, il ne fit rien d’autre que se jeter par la fenêtre de la salle où se déroulait la partie, qui fort heureusement se trouvait au rez-de-chaussée !

# 83 / 365

Jouer sa vie aux échecs

En 1918 à Odessa, Iossip Bernstein est arrêté par la Tcheka et condamné à la peine de mort. Joueur déjà réputé, son nom dans la liste des personnes à fusiller attire l’attention de l’officier chargé de l’exécution, qui vérifie qu’il s’agit bien du joueur d’échecs Iossip Bernstein. Il lui propose alors de disputer contre lui une partie, l’enjeu n’étant rien moins que sa grâce en cas de victoire ! Fort heureusement pour Bernstein, son adversaire ne lui posa guère de difficulté et, surtout, tint sa parole. Bernstein fut libéré, quitta la ville et s’installa ensuite à Paris.

# 82 / 365

Olympiade en France

Une seule olympiade d’échecs officiellement reconnue fut organisée en France, à Nice en 1974. L’Union soviétique s’impose avec le score de 46 sur 60, suivie de la Yougoslavie avec 37,5 points et les États-Unis avec 36,5 points. L’organisation de cette Olympiade a marqué les esprits de manière plutôt défavorable, puisque disputée au mois de juin dans une salle non climatisée et, au dire de beaucoup de joueurs, très mal éclairée.  Karpov, Kortchnoï, Spassky, Petrossian, Tal et Kouzmine, formaient l’équipe soviétique.

# 81 / 365

Alekhine et Menchik morts couronnés

Dans l’histoire du jeu d’échecs, le champion du monde masculin Alexandre Alekhine et la championne du monde féminine Vera Menchik, ont en commun d’être devenus champions du monde l’un et l’autre en 1927 et d’être morts couronnés, donc laissant leur titre vacant. Alekhine meurt au Portugal en 1946 sans que l’on sache encore s’il s’agit d’une mort naturelle ou d’un empoisonnement, Vera Menchik meurt à Londres en 1944 sous un bombardement de fusées V1.

# 80 / 365

Grand prix de la mauvaise foi !

Dans les années 1930, Tartakover enchaîna une série de cinq parties perdues consécutivement. On lui demanda alors, comment cela avait pu se produire. Il répondit : « J’avais mal aux dents pendant la première partie et mal à la tête pour la deuxième. Lors de la troisième partie, j’ai eu une crise de rhumatisme et je ne me sentais pas bien durant toute la quatrième ». Et pour la cinquième ?  » Eh bien, faut-il vraiment gagner chaque partie ? »

# 79 / 365

Le premier mécène de l’histoire des échecs

Le jeu d’échecs trouve, avec le calife Harûn al-Rashîd qui a régné à Bagdad de 786 à 809, son premier mécène. Il devient le Joop van Oosterom ou le Rex Sinquefield de l’époque. Pour briller devant d’Harûn, l’habileté aux échecs est le plus sûr moyen. Des prouesses inhabituelles, comme être capable de jouer les yeux bandés, promettent de grandes richesses, même pour ceux d’origines modestes. Une des histoires dans les mille et une nuits raconte comment Harûn a payé dix mille dinars pour une fille esclave, connue pour être une bonne joueuse d’échecs. Après avoir perdu contre elle, trois fois de suite, il la récompense en commuant la sentence de mort qui menaçait son fiancé. Il est amusant de constater qu’une anecdote identique met en scène Robespierre au café de la Régence.

# 78 / 365

Le phénomène Morphy

Le 27 septembre 1858, les indicateurs et les agents de la force publique crurent qu’un mouvement insurrectionnel prenait naissance rue Saint-Honoré tant une foule dense, enthousiaste et criarde s’agitait devant le café de la Régence. L’événement n’était pourtant qu’échiquéen. Ce jour-là, Paul Morphy disputait une simultanée à l’aveugle contre huit joueurs parisiens de bon niveau. Durant dix heures de jeu, sans se lever un seul instant, ni manger ou boire, Morphy annonce ses coups dans un français parfait (il est né à La Nouvelle-Orléans et sa mère est d’origine française), enchaîne les combinaisons brillantes et remporte finalement six parties et accorde deux nulles. La foule, de plus en plus nombreuse au fil des heures, explose de joie et d’admiration, elle accompagne son héros qui traverse la place du palais Royal. Les sergents de ville, inquiets, appellent la troupe qui campe aux Tuileries. Le lendemain matin en buvant un café, Morphy dicta tranquillement les parties à son secrétaire.

# 77 / 365

Quelle catégorie ?

Un tournoi fermé se voit attribuer une catégorie en fonction du niveau Elo moyen des participants. Un tournoi de catégorie 1 possède ainsi une moyenne comprise entre 2251 et 2275. Les plus forts tournois disputés sont de catégorie 23 (moyenne entre 2801 et 2825) : le Zurich Chess Challenge et la Sinquefield Cup en 2014.

# 76 / 365

50 coups, pas plus !

La règle des 50 coups stipule que lorsque 50 coups ont été joués, sans aucune prise de pièce ni poussée de pion, un joueur peut réclamer la partie nulle. Bien des amateurs ignorent cette règle et oublient parfois de la faire valoir, face à un adversaire qui ne parvient pas à convertir son avantage sur l’échiquier.

# 75 / 365

Des échecs au Whist !

Alexandre Deschapelles (1780-1847) soldat des armées révolutionnaires et napoléoniennes, perdit sa main droite au combat puis devint un des joueurs les plus forts du Café de la Régence. Il ne lut jamais de livre d’échecs, ignorait la théorie des ouvertures et réfléchissait longtemps lors de ses premiers coups. Attaquant redoutable, il sacrifiait ses pièces jusqu’au mat. En 1821, il perdit contre son élève Louis de la Bourdonnais. Il abandonna alors définitivement le jeu d’échecs et devint un très fort joueur de whist et publia même un traité sur ce jeu en 1839.

# 74 / 365

D’une aile à l’autre

Aux échecs on ne parle pas de côté droit ou gauche de l’échiquier, mais d’aile dame pour désigner les colonnes a, b, c et d et d’aile roi pour les colonnes e, f, g et h.

# 73 / 365

Le roi est mort

En persan, le roi (le Shâh) , s’il est immobilisé est dit « mat » qui signifie amoindri, exténué et par extension mort. L’expression « Shâh mat », le roi est mort, donnera la formule échec et mat. À noter qu’en russe le jeu d’échecs se dit « shakhmaty »

# 72 / 365

Échecs et calories

En 2018, le GM russe Mikail Antipov participa à une expérience scientifique qui consistait à mesurer sa dépense de calories durant une partie d’échecs. Après deux heures de jeu, il avait dépensé 560 calories, soit l’équivalent d’une heure de course à pied à un rythme modéré. Pas un sport les échecs ?

# 71 / 365

L’ouverture Napoléon

L’Empereur Napoléon Bonaparte a donné son nom à une ouverture « l’ouverture Napoléon » (1. e4 e5 2. Df3.) Jamais utilisée à haut niveau, elle est cependant imposée aux participants du Trophée Napoléon, disputé à la Roche-sur-Yon en 2019 et 2021. On retrouve ainsi dans les bases de données, comme utilisateur de cette ouverture : MVL, Jorden van Foreest, Marc’andria Maurizzi, Christian Bauer, Deimanté Daulytė-Cornette et Almira Skripchenko.

# 70 / 365

Prendre son temps

Louis Paulsen, (1833-1891) joueur au style défensif et auquel la théorie des ouvertures doit de nombreuses trouvailles, avait la réputation de jouer très lentement, à une époque où le contrôle de temps n’existait pas encore. On raconte (vérité ou légende) qu’il lui fallut lors d’une partie, onze heures pour se décider à jouer un coup.

# 69 / 365

Lyon 1990

Un seul match, ou partie de match, d’un championnat du monde fut organisé en France, à Lyon en 1990. Il s’agissait des 12 dernières parties du dernier match entre Kasparov et Karpov, les 12 premières s’étant déroulées à New York. Le debrief des 2 K avec Bachar Kouatly, édité en cassette vidéo et aujourd’hui visible sur YouTube, a marqué toute une génération d’amateurs français.

# 68 / 365

L’éléphant fou

Dans le Shatranj, l’ancêtre des échecs modernes, l’éléphant se dit al-Fil qui par glissement phonétique devient en français fol, puis fou. L’Espagnol a conservé le terme arabe et nomme la pièce, alfil. En anglais elle devient le bishop, l’évêque, car la forme de la pièce, fendue en deux à son sommet, sans doute pour symboliser les deux défenses de l’éléphant, ressemble à la mitre de l’évêque.

# 67 / 365

La scission (2/2)

Dans le cycle classique, en 1993 Kasparov conserve son titre contre Short, puis en 1995 contre Anand. En 2000 Kasparov est battu par Kramnik qui met fin à ses 15 ans de règne. En 2004 Kramnik conserve son titre contre le hongrois Peter Leko. Dans le cycle FIDE, Karpov devient champion du monde FIDE en 1993, 1996 et 1998 en battant successivement Timman, Kamsky et Anand. Le titre est ensuite disputé sous forme de tournoi à élimination directe. En 1989 le titre est remporté par Khalifman, en 2000 par Anand, en 2002 par Ponomariov, en 2004 par Kasimdzhanov et en 2005 par Topalov. Le match de réunification de 2006 oppose Topalov à Kramnik qui l’emporte.

# 66 / 365

La scission (1/2)

Entre 1993 et 2006 le monde des échecs a connu une très importante scission qui vit alors à cette période plusieurs joueurs devenir champion du monde en même temps. En 1993, Nigel Short remporte la finale des Candidats et va donc affronter Garry Kasparov pour le titre suprême. Mais les deux joueurs et la FIDE ne parviennent pas à se mettre d’accord sur la ville candidate et les primes de match. Kasparov crée alors sa propre fédération, la PCA (Professional Chess Association) et les deux joueurs décident de disputer le Championnat du monde en dehors de la FIDE. Ainsi deux cycles de championnat du monde vont cohabiter jusqu’à la réunification de 2006, l’un dit « classique » dans la lignée des matchs depuis Steinitz, l’autre dit « FIDE » dont les vainqueurs portent le titre de « champion du monde FIDE »

# 65 / 365

Les 10 règles de base pour débutants

En 1512, Pedro Damiano, apothicaire et joueur d’échecs portugais, fait paraitre à Rome, ville où il s’est réfugié en 1497 suite à l’expulsion des juifs d’Espagne et du Portugal, Questo Libro e da Imparare Giocare a Scacchi, traduit en français en 1560 sous le titre « Le plaisant jeu des échecs. » Il s’agit du premier ouvrage d’apprentissage du jeu d’échecs et plusieurs des 10 Règles que Damiano y indique, sont encore conseillées aux jeunes débutants depuis plus de 500 ans.
1. Ne joue aucun coup sans but.
2. Ne pêche pas par négligence ou par aveuglement.
3. Ne joue pas vite.
4. Si tu disposes d’un bon coup, regarde toujours s’il n’y en a pas un meilleur.
5. Quand on a l’avantage matériel, on doit échanger les pièces.
6. N’abandonne pas l’attaque pour simplement gagner un pion.
7. Utilise le roque pour mettre le Roi en sûreté.
8. Les deux pions situés du côté où le Roi a roqué ne doivent être joués qu’en cas d’absolue nécessité.
9. Élargis le front de tes pièces.
10. On doit ouvrir le jeu avec ses pions, et se garder de tenir ses pièces enfermées. On doit faire tous ses efforts pour soutenir les pions d4 et e4 et si possible, les pions c4 et f4 à leurs côtés.

# 64 / 365

D’où vient le système suisse ?

Pourquoi le système suisse se nomme-t-il ainsi ?

Tout simplement parce que ce système d’appariement fut utilisé, pour la toute première fois en 1889, dans le cadre du championnat de Suisse des échecs, disputé à Zurich et qui rassemblait 74 compétiteurs.

# 63 / 365

Jouer à l’aveugle

Jouer à l’aveugle, signifie joueur sans voir l’échiquier. L’exercice devient redoutable quand il s’agit d’affronter simultanément plusieurs adversaires sans voir aucun échiquier. Alekhine, Reti ou Najdorf excellaient dans cet exercice. Le record est actuellement détenu par Timour Gareïev, joueur américain qui en 2016 à Las Vegas disputa une simultanée à l’aveugle sur 48 échiquiers, remportant 35 parties, en annulant 7 et n’en perdant que 6.

# 62 / 365

Le jeu à handicap

Le jeu à handicap fut la norme, du début du XVIIIe à la fin du XIXe siècle. C’est par ce système que s’égalisaient les parties entre forts joueurs et amateurs moins éclairés. Il faut moins y voir de la noblesse d’esprit ou du fair-play, qu’une raison plus prosaïquement économique. En effet, dans le cadre très fréquent des parties à enjeu, les forts joueurs n’auraient jamais pu rencontrer un adversaire prêt à risquer son argent, dans une partie perdue d’avance.

# 61 / 365

FIDE

La Fédération internationale des échecs (FIDE) fut créée le 20 juillet 1924 à Paris, à l’initiative du Français Pierre Vincent. Peu influente les premières années, car l’Union soviétique n’en est pas membre, elle prend son plein essor en 1948 avec la prise en main de l’organisation sous son égide, du cycle du Championnat du monde. La devise de la FIDE est l’expression latine « Gens una sumus », « nous sommes une seule famille ».

# 60 / 365

En français dans le texte

La règle, qui permet à un pion d’en prendre un autre, sur la case qu’il traverse lors de son premier coup, se nomme partout dans le monde avec l’expression francophone « en passant ».

# 59 / 365

L’école hypermoderne

C’est à Xavier Tartakover que l’on doit le nom d’hypermoderne, pour qualifier le style des joueurs comme Alexandre Alekhine, Gyula Breyer, Richard Réti ou Aron Nimzowitsch, quand il publie en 1924 le livre Die Hypermoderne Schachpartie (La Partie d’échecs hypermoderne). Le jeu hypermoderne se caractérise par un contrôle à distance du centre, plutôt que par son occupation par les pions. Cette nouvelle approche a profondément enrichi la théorie échiquéenne.

# 58 / 365

Le tour des Pays-Bas

12 villes des Pays-Bas ont accueilli une partie du match de championnat du monde 1935 entre Alekhine et Euwe.

Amsterdam pour les parties 1, 2,3, 6, 8, 9, 12,11,13, 18, 20, 23, 25, 28, 29 et 30 ; La Haye (4, 11, 22, 27) ; Delft (5, 24) ; Utrecht (7) ; Gouda (10) ; Groningue (14) ; Baarn (15) ; Bois-le-Duc (16) ; Eindhoven (17) ; Zeist : (19) ; Ermelo (21) ; Zandvoort (26).

# 56 / 365

Tomber et se relever

Seuls deux champions du monde ont connu la perte puis la reconquête de leur titre. Alekhine : perte en 1935 contre Euwe puis reconquête en 1937 contre le même Euwe et Botvinnik : perte contre Smyslov en 1957 et reprise en 1958, puis perte contre Tal en 1960 et reprise en 1961.

# 55 / 365

Les expérimentés

Botvinnik a disputé 8 matchs de championnat du monde : 1948, 1951, 1954, 1957, 1958, 1960, 1961, 1963. 5 gains et 3 pertes.
Karpov a disputé 7 matchs de championnat du monde : 1978, 1981, 1984, 1985, 1986, 1987, 1990.

# 54 / 365

Joueur de café

Si le terme « joueur de café » désigne en français, un joueur de faible niveau qui joue pour se distraire, en anglais, le terme « coffehouse player» caractérise un joueur au style de jeu risqué voire douteux, mais qui crée des pièges pour l’adversaire.

# 53 / 365

Cadence Fischer vs cadence Bronstein

Il ne faut pas confondre la cadence Fischer et la cadence Bronstein. Les règles officielles des échecs précisent. Cadence Fischer : à cette cadence, chaque joueur a un temps principal imparti et reçoit un temps fixe supplémentaire (incrément) à chaque coup joué. L’incrément pour le premier coup est ajouté avant le début de la partie et ensuite, après avoir complété chaque coup. Si le joueur n’utilise pas tout l’incrément pour sa réflexion, le temps restant s’ajoute au temps principal.
Cadence Bronstein : la principale différence avec la cadence Fischer est le sort du temps restant. Si le joueur n’utilise pas tout l’incrément pour sa réflexion, le temps restant n’est pas ajouté au temps principal.

# 52 / 365

Partie ajournée

L’informatique a mis fin à la procédure de l’ajournement. Il s’agissait d’interrompre une partie dès lors qu’elle dépassait le temps maximum prévu par l’organisateur et le règlement de la compétition.
Le joueur qui avait le trait à la fin de la session de jeu inscrivait son coup sur une feuille insérée dans une enveloppe cachetée et conservée par l’arbitre. Après l’ajournement, l’arbitre ouvrait l’enveloppe et jouait sur l’échiquier, le coup inscrit sur la feuille.

# 51 / 365

Vainqueur par match nul

Longtemps la règle du Championnat du monde voulut que le tenant du titre conserve sa couronne en cas de match nul. Ainsi Botvinnik demeura champion en 1951 après son match nul contre Bronstein, de même qu’en 1954 contre Smyslov. Kasparov sauva sa couronne contre Karpov en 1987 en égalisant lors de la dernière partie du match. Kramnik fit de même contre Peter Leko en 2004. Depuis 2006, en cas d’égalité après les parties en cadence classique, un départage en parties rapides est organisé pour désigner le vainqueur du match.

# 50 / 365

Tragique clin d’œil de l’histoire…

Mendel Najdorf occupe le second échiquier de l’équipe de Pologne, lors de la 8e Olympiade d’échecs qui se déroule à Buenos Aires, du 21 août au 19 septembre 1939. Le 1er septembre l’Allemagne Nazie envahit la Pologne. La Seconde Guerre mondiale débute. Dans un tragique clin d’œil de l’histoire, l’Olympiade voit la victoire de l’équipe allemande, un demi-point devant la Pologne.
Comme de nombreux joueurs d’origine juive, beaucoup de participants européens de cette olympiade choisissent, comme Najdorf, de ne pas retourner en Europe après le tournoi. Ainsi, aucun des membres de l’équipe allemande ne rentrera en Allemagne, ni le Polonais Frydman, le Suédois Stahlberg, les Tchèques Pelikan et Skalicka, entre autres. Le conflit mondial emporte une grande partie de la famille de Najdorf, sa femme, son premier enfant, ses deux parents et quatre frères.
Najdorf reste donc en Argentine et en devient citoyen en 1944. Il hispanise son prénom qui devient Miguel.

# 49 / 365

Les déséquilibres

Le pédagogue et MI américain Jeremy Silman s’appuie sur la notion de déséquilibre pour analyser une position. Un déséquilibre correspond aux différences entre la position blanche et la position noire. Transformer cette différence en avantage, voilà l’enjeu. Pour Silman les principaux déséquilibres sont : l’avantage matériel ; les pièces légères (fous et cavaliers) plus actives ; l’avantage d’espace ; une meilleure structure de pions ; le contrôle d’une diagonale, d’une colonne ou d’une case ; l’avance de développement ; l’initiative.

# 48 / 365

Perdant et puni

En 1971, Mark Taimanov est battu par Bobby Fischer sur le score de six parties à zéro, en quart de finale des candidats. À son retour en URSS, il est déchu de son titre de « Maître honoré du sport », privé de son salaire, interdit d’écrire des articles et de jouer à l’étranger durant plusieurs années. Également pianiste virtuose, il n’est plus autorisé à donner des concerts.

# 47 / 365

À jamais challengers

17 participants à un championnat du monde n’ont jamais obtenu le titre :
Zukertort, Tchigorine, Gunsberg, Marshall, Tarrasch, Schlechter, Janowski, Bogolioubov, Bronstein, Kortchnoï, Short, Leko, Topalov, Gelfand, Kariakine, Caruana, Nepomniachtchi.

# 46 / 365

Gestion du temps

Les parties d’échecs se jouèrent longtemps sans limites de temps, ce qui n’était pas sans poser des problèmes. On raconte que Paul Morphy, face à Louis Paulsen en 1858, fondit en larmes, excédé par la durée du temps de réflexion de Paulsen, entre chaque coup. On utilisa d’abord des sabliers pour décompter le temps maximal de chaque coup. C’est en 1894, au tournoi de Leipzig, que fut adoptée la pendule à doubles cadrans.

# 45 / 365

Lasker deuxième champion du monde.

Emanuel Lasker né le 24 décembre 1868 à Berlinchen en Allemagne et mort le 11 janvier 1941 à New York, est le deuxième champion du monde d’échecs, et le sera durant 27 ans de 1894 à 1921. Record toujours valable. Il est également connu pour ses travaux et ouvrages comme mathématicien et philosophe. Son style de jeu privilégiait l’affrontement psychologique par rapport au seul calcul. Pour le dire en jargon échiquéen, il jouait autant l’adversaire que la position.

# 44 / 365

Le premier livre sur les échecs

Le manuscrit de Göttingen, nommé ainsi parce qu’il est conservé dans la bibliothèque de Göttingen, en Allemagne, est le premier ouvrage connu consacré techniquement aux échecs modernes. Rédigé entre 1470 et 1510, il n’explique pas les règles, ce qui prouve qu’il s’agit d’un traité pour joueur avancé. Le texte porte une grande attention aux ouvertures et il en décrit 12. Dans le texte elles ne sont pas baptisées. Nous les citons avec leurs noms actuels : défense Damiano, défense Philidor, l’Italienne, la Petrov, la partie du Fou, l’Espagnole, la Ponziani, le gambit dame accepté, une forme du système de Londres, la Bird et l’Anglaise.

# 43 / 365

Entre champions

Entre 1954 et 1973, les 9 matchs de championnat du monde disputés ont tous opposé des champions du monde (Botvinnik, Smyslov, Tal, Petrossian, Spassky, Fischer).

# 42 / 365

Tout d’abord, se concentrer

David Bronstein, finaliste du championnat du monde 1951, mettait parfois un long moment avant de jouer son premier coup. Une fois, il utilisa même quarante minutes de son temps. Pourquoi ? Bronstein rencontrait des difficultés à maîtriser sa nervosité et à entrer dans sa concentration. Il s’accordait donc le temps nécessaire pour y parvenir.

# 41 / 365

Steinitz, à jamais le premier.

Wilhelm Steinitz est né le 14 mai 1836 à Prague et mort le 12 août 1900 à New York. Premier champion du monde officiel des échecs de 1886 à 1894, il est considéré comme le père des échecs modernes. Il devient citoyen américain en 1888 et change son prénom en William. Ses dernières années de vie sont marquées par des troubles mentaux et le voient mourir dans une grande pauvreté.

# 40 / 365

Ouverture douteuse et malentendu

Le nom de Damiano reste lié à son traité (voir anecdote 32), mais aussi à une ouverture plutôt douteuse qui porte son nom 1.e4 e5, 2. Cf3 f6. On sait aujourd’hui que Damiano n’est pas l’inventeur de cette défense qui se pratiquait bien avant lui au moyen âge. Mais, du fait qu’il la traite dans son livre et tente d’en dégager les meilleures suites (si l’on peut dire), son nom lui reste attaché. Anecdote amusante, l’histoire n’a conservé aucun portrait de Damiano, ce qui n’empêche nullement qu’une statue à son effigie soit érigée dans sa ville natale, Odemira située au sud du Portugal.

# 39 / 365

13 parties perdues au temps

En 1969, lors du tournoi de Linköping en Suède, Friedrich Sämisch, alors âgé de 73 ans, a joué et perdu les 13 parties qu’il a disputées, avec la particularité unique dans l’histoire, de toutes les perdre au temps.

# 38 / 365

Le premier kibitzer

Un poème catalan, écrit entre 1470 et 1480, raconte une partie réellement jouée. Nous connaissons même les noms des deux joueurs et de l’observateur de la partie, tous trois membres d’un cercle d’échecs à Valence. Castellvô jouait avec les pièces rouges (aujourd’hui blanches) contre Vinyoles qui jouait avec les pièces vertes (aujourd’hui noires), tandis que Fenollar, regardait. Il est le plus ancien kibitzer connu.

# 37 / 365

De 1 à 27 ans

Lasker fut champion du monde durant 27 ans, Tal et Smyslov durant un an seulement. Alekhine 17 ans, Kasparov 15 ans, Botvinnik 13 ans, Karpov 10 ans, Carlsen 9 ans (série en cours), Steinitz 8 ans, Kramnik 7 ans, Capablanca, Petrosian, Anand 6 ans, Spassky et Fischer 3 ans, Euwe 2 ans.

# 36 / 365

Café de la Régence

Il n’est pas un joueur de classe mondiale qui de passage à Paris durant deux siècles, ne vint disputer une partie au Café de la Régence, Legall, Philidor, Deschapelles, Labourdonnais, Saint Amant, Stauton, Morphy, Rosenthal, Tartakower, Lasker, Marshall, Janowski, Capablanca, Alekhine. Robespierre, Diderot et Rousseau fréquentèrent le lieu, tout comme Bonaparte. Alfred de Musset joua avec son ami Jules Grevy, futur président de la République. Et c’est au café de la Régence dit-on, que Marx et Engels se rencontrèrent pour la toute première fois en 1844, lors d’une visite de Engels à Paris.

# 35 / 365

Fatal changement d’horaire…

En 2012, lors du Championnat d’Europe individuel de Plovdiv en Bulgarie, sept joueurs ne se présentent pas à temps au démarrage de la même ronde. Aucun réceptionniste d’hôtel à incriminer (voir anecdote n°#4/365), mais l’oubli par ces participants d’un simple détail : le passage à l’heure d’été !

# 34 / 365

En français dans le texte !

Adouber signifie replacer une pièce sur sa case, par exemple lorsqu’elle n’est pas bien placée au centre de celle-ci. Du fait de la règle « pièce touchée, pièce à jouer » on annonce « j’adoube » à l’adversaire, avant de replacer la pièce. Cette expression francophone est utilisée internationalement.

# 33 / 365

Rocambolesque championnat du monde

Le Championnat du monde 1984 est sans doute, le plus rocambolesque de l’histoire. Disputé à Moscou, il oppose pour la première fois Anatoly Karpov et Garry Kasparov. Le règlement du match stipule que le premier joueur qui remportera six victoires sera déclaré champion du monde. Après seulement 9 rondes, Karpov mène déjà 4-O, en ayant gagné les parties 3, 6, 7 et 9. Suivent 16 parties nulles, puis Karpov remporte la 27e partie et mène donc 5-0. Kasparov remporte la 32ème partie. 5-1. Viennent ensuite 14 parties nulles d’affilée, avant que Kasparov ne gagne les parties 47 et 48. Le score est alors de 5-3 quand le coup de théâtre intervient, le président de la FIDE, Florencio Campomanes interrompt le match, qui ne reprendra pas et se termine donc sans vainqueur. Un nouveau match sera joué en 1985, remporté par Kasparov. Pourquoi cette interruption ? Le débat est encore ouvert.

# 32 / 365

Les échecs de demain ?

Le Fischer Random Chess, ou Chess 960, ou bien encore Chess 9LX (marque déposée du Saint Louis Chess Club) est une variante du jeu d’échecs, dans laquelle l’emplacement initial des pièces de la première et de la dernière rangée, est tiré au sort et identique pour les deux camps. Cette variante est nommée ainsi car Bobby Fischer l’a popularisé et/ou parce qu’il existe 960 positions de départ différentes.

# 31 / 365

Hypermnésie !

Les plus grands joueurs sont dotés d’une mémoire extraordinaire. Pour preuve, en 1919 Alexandre Alekhine voit une personne venir à lui :
-Je vous écoute, M. Poluektov !
-Nous nous connaissons ?
-Il y a quatre mois, répond Alekhine, dans la pharmacie Ferrein, vous avez commandé des médicaments prescrits par le Dr Anna Zasedatelev pour votre fille de 6 ans qui avait un mal de gorge. J’étais dans la file d’attente et j’ai entendu votre conversation avec le pharmacien. Vous avez sorti un porte-monnaie gris en peau de crocodile, de la poche gauche de votre veste.
Effrayé, le visiteur fit aussitôt demi-tour.

# 30 / 365

Les 16 champions du monde

Entre 1886 et 2022, ils ne sont que 16 joueurs à être devenus champions du monde des échecs.
Wilhelm Steinitz (1886-1894) ; Emmanuel Lasker (1894-1921) ; José Raúl Capablanca (1921-1927) ; Alexandre Alekhine (1927-1935/1937-1946) ; Max Euwe (1935-1937) ; Mikhaïl Botvinnik (1948-1957/1958-1960/1961-1963) ; Vassily Smyslov (1957-1958) ; Mikhaïl Tal (1960-1961) ; Tigran Petrossian (1963-1969) ; Boris Spassky (1969-1972) ; Bobby Fischer (1972-1975) ; Anatoly Karpov (1975-1985) ; Garry Kasparov (1985-2000) ; Vladimir Kramnik (2000-2007) ; Viswanathan Anand (2007-2013) ; Magnus Carlsen (depuis 2013).

# 29 / 365

Ascension fulgurante

Le joueur américain, Harry Nelson Pilsbury naquit en 1872 et n’apprit les échecs qu’à l’âge de 16 ans. Pourtant, à 20 ans il battait le champion du monde en titre Steinitz et à 23 ans, en 1895, remportait le prestigieux tournoi d’Hastings. Malheureusement la syphilis l’emporta à l’âge de 34 ans.

# 28 / 365

L’échiquier monochrome

Au 10ème siècle, l’adoption du jeu d’échecs par l’Occident chrétien passe par son adaptation. La première révolution nait avec la colorisation de l’échiquier. Les échecs sont un jeu de pèlerins, de marchands, de voyageurs, le long de la route de la soie. L’échiquier monochrome permet qu’on le trace directement sur le sol ou dans le sable, seules les pièces sont à transporter. Les occidentaux ont inventé et imposé le quadrillé noir et blanc. La colorisation de l’échiquier et donc la visibilité accrue des diagonales, permet la création du fou. Après la tour, une deuxième pièce acquiert la possibilité de se déplacer à longue portée.

# 27 / 365

Le premier match d’échecs de l’histoire

En 847, le calife al-Mutawakkil organise ce qui est sans doute le premier match d’échecs entre ce que l’on ne nomme pas encore des grands maitres. Il oppose Al-Adli, à Ar-Razi qui l’emporte. Mais le premier super grand maitre de l’histoire des échecs reste As-Suli, qui vécut entre 854 et 946. Pendant longtemps on dira d’un fort joueur qu’il joue comme un As-Suli.

# 26 / 365

Jouer comme un boxeur

L’américain Frank Marshall (1877-1944) fut l’un des plus brillants attaquants et des plus forts joueurs du début du XXe siècle. « Je joue aux échecs comme Jack Dempsey boxe. Dès que le gong du premier round sonne, Dempsey commence à frapper son adversaire et ne le laisse pas reprendre conscience ».

# 25 / 365

Arrivée des échecs en occident

La première diffusion des échecs vers l’Occident, se fait avec l’expansion de l’Islam. En conquérant la Perse en 642, les Arabes font connaissance avec le Chatrang qu’ils adoptent et renomment Shatranj. Ils y jouent avec passion et répandent sa pratique au fur et à mesure de leurs conquêtes vers l’ouest. Le jeu traverse le Maghreb et la Méditerranée pour parvenir jusqu’en péninsule Ibérique et en Sicile. À la fin du 10ème siècle, depuis l’Inde jusqu’en Espagne, l’élite de la société musulmane joue aux Shatranj dans tout l’Empire islamique. De la Perse puis du monde islamique vers l’Occident chrétien, le voyage du jeu d’échecs s’étend sur près de cinq cents ans.

# 24 / 365

La nymphe Caïssa conquise grâce aux échecs

Dans le poème « Caïssa, a game of chess » composé en 1763, le britannique William Jones raconte l’histoire suivante. Mars, Dieu de la guerre, courtise la Nymphe Caïssa mais celle-ci refuse régulièrement ses avances. Mars demande alors de l’aide à Euphron, frère de Vénus mais surtout Dieu des jeux. Euphron crée le jeu d’échecs que Mars offre en cadeau à Caïssa, pour en conquérir le cœur. Coup gagnant ! C’est ainsi que Caïssa devint pour l’éternité la déesse des échecs.

# 23 / 365

Echecs japonais…

Au japon le Shôgi (les échecs japonais) se joue avec quarante jetons plats, identiques pour les deux camps et distingués par des idéogrammes. Ils sont taillés en pointe, la pointe indiquant la direction du mouvement du jeton. Le but du jeu est de faire échec et mat. Les plus grandes différences avec les échecs occidentaux restent que chaque joueur possède trois rois et surtout que les pièces capturées changent de côté.

# 22 / 365

Simultanée record !

Une simultanée désigne une rencontre entre un fort joueur faisant face à de nombreux adversaires, généralement d’un niveau amateur. Ce type d’exhibition est une occasion, rare pour un amateur, d’affronter un MI ou un GM. Le 9 février 2011, le GM iranien Ehsan Ghaem-Maghami affronta durant 25 heures, rien moins que 604 adversaires, remportant 580 parties, en annulant 16 et n’en perdant que 8.

# 21 / 365

Footballeur & joueur d’échecs pro

Simen Agdestein est un Grand Maître International norvégien qui, à la fin des années 80, mène deux carrières professionnelles de front, celle de joueur d’échecs et celle de footballeur jusqu’en équipe nationale ! Le monde des échecs lui doit également d’avoir été le premier entraîneur du champion du monde, Magnus Carlsen.

# 20 / 365

1 kg d’or pour le meilleur jeune suisse !

En 2020, le tout nouveau président de la Fédération suisse des échecs, Michael Hochstrasser, annonce que le Fonds pour la promotion des échecs pour la jeunesse suisse offrira 1 kg d’or au premier jeune suisse obtenant le titre de Grand Maître avant de fêter ses 20 ans ! Soit, au cours actuel de l’or, une coquette bourse de quelque 50 000€

# 19 / 365

Echecs révolutionnaires !

Durant la Révolution française, le vocabulaire du jeu échecs changea un peu et sur les tables de jeu du Café de la Régence et il était prudent de dire échec au tyran plutôt qu’échec au roi !

# 18 / 365

Le Chatrang Perse

Un texte perse, probablement rédigé au début du 7ème siècle, raconte l’arrivée à la cour du Roi Khosro, d’une ambassade chargée de cadeaux venue de la vallée de l’Indh, (l’Indus) au Pakistan actuel. Au milieu des soieries et des pierres précieuses, les voyageurs apportent également un jeu, inconnu à la cour du roi des Perses. Il s’agit d’un échiquier monochrome de 8 cases sur 8, avec 32 pièces, 16 par joueur, représentant un roi, un ministre à son côté, deux éléphants, deux cavaliers, deux chars et huit fantassins. Le texte raconte que le présent est assorti d’un défi : si le roi de Perse ne découvre pas la règle du jeu, il deviendra le vassal du roi de l’Indh. En seulement trois jours, un sage perse résout l’énigme et bat à plate couture le meilleur joueur parmi les voyageurs. Ce jeu se nomme Chatrang. Il est l’ancêtre du jeu d’échecs contemporain.

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Échecs & vision

Le psychologue néerlandais, Adriaan de Groot (1914-2006) utilisait une citation devenue célèbre : un maître ne cherche pas le bon coup, il le voit. Il ressort de ses travaux qu’un maitre commence par analyser statiquement la position et, souvent en quelques secondes, en identifie les caractéristiques principales. Dans un second temps, il analyse les éventualités qu’offre la position. Ce n’est que dans une troisième phase qu’il retient les pistes qui lui semble les plus prometteuses, sélectionne les coups candidats et en calcule les conséquences.

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Eternelle l’Immortelle

Disputée entre Adolf Anderssen et Lionel Kieseritzky à Londres en 1851, cette partie est désormais connue sous le nom de L’immortelle. 1. e4 e5 2. f4 exf4 3. Fc4 Dh4+ 4. Rf1 b5 5. Fxb5 Cf6 6. Cf3 Dh6 7. d3 Ch5 8. Ch4! Dg5 9. Cf5! c6 10. g4 Cf6 11. Tg1! cxb5 12. h4 Dg6 13. h5 Dg5 14. Df3 Cg8 15. Fxf4 Df6 16. Cc3 Fc5 17. Cd5 Dxb2 18. Fd6! Fxg1 19. e5 Dxa1+ 20. Re2 Ca6 21. Cxg7+ Rd8 22. Df6+!! Cxf6 23. Fe7 #

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Le jeu de la dame que depuis 500 ans

La création de la Dame au 15ème siècle, installe le jeu d’échecs tel que nous le connaissons aujourd’hui. Ce changement est si radical que Lucena, dans le traité qu’il fait paraitre en 1497, fait référence aux « échecs de la reine » (de la dama) qu’il distingue des « vieux échecs » (del viejo) joués avec les règles antérieures. Le jeu du roi est en quelque sorte devenu le jeu de la dame.

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K+A Alchimie gagnante

Il est bon pour devenir champion du monde des échecs de posséder dans son nom de famille la lettre a : 11 champions sur 16 la possèdent, et /ou la lettre K ou l’assonance Ca : 9 champions sur 16 la possèdent (7 K et 2 Ca). Steinitz, Lasker, Capablanca, Alekhine, Euwe, Botvinnik, Smyslov, Tal, Petrossian, Spassky, Fischer, Karpov, Kasparov, Kramnik, Anand, Carlsen.

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Omnipotence soviétique

Le tournoi des Candidats de Zurich en 1953 réunit 15 joueurs dont 9 soviétiques. 5 qualifiés lors du tournoi des candidats de Budapest en 1950 : les soviétiques Issaak Boleslavski, David Bronstein, Vassily Smyslov, Paul Keres et l’argentin Miguel Najdorf. 5 qualifiés lors du tournoi interzonal de Stockholm en 1952 : les soviétiques Alexandre Kotov, Tigran Petrossian, Mark Taïmanov, Efim Geller et Youri Averbakh. 5 sélectionnés directement par la FIDE : le suédois Gideon Ståhlberg, le hongrois László Szabó, le yougoslave Svetozar Gligorić, l’américain Samuel Reshevsky, finaliste du championnat du monde d’échecs de 1948 et le néerlandais Max Euwe, champion du monde de 1935 à 1937. Smyslov l’emporte avec 18 points et les joueurs soviétiques occupent les 3 premières places.

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Mourir sur scène

Cecil John Seddon Purdy, maître international australien (1906 -1979) fut le premier champion du monde officiel du jeu par correspondance, en 1953. Le tournoi dura de 1950 à 1953. En 1979, il fit un malaise au cours d’une partie d’un tournoi, disputé au Chess Center de la Nouvelle-Galles du Sud et mourut quelques heures plus tard. Son fils rapporte que ses dernières paroles furent « J’ai un gain, mais cela va prendre du temps. »

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Mythique Café de la Régence

Le jeu d’échecs eut durant deux siècles à Paris, un temple, un Parthénon, un Taj Mahal : le Café de la Régence. Il se nomma tout d’abord le Café de la Place du Palais Royal et se situait très exactement où son nom l’indique. En 1718 il prit le nom de Café de la Régence quand le Régent s’installa au Palais Royal voisin. En 1855 il déménagea au 161 rue Saint-Honoré et la dernière trace d’activité du jeu d’échecs en ses murs date de 1943. Du lieu même il ne reste rien. Le premier emplacement fut détruit et le second, situé à quelques centaines de mètres du précédent, abrite aujourd’hui l’Office National Marocain du Tourisme et ne conserve à l’intérieur de ses murs aucune trace de la vie échiquéenne qui se déroula ici, au cœur de Paris entre le Louvre et la Comédie Française.

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Les 27 premiers GMI de l’histoire

Les 27 premiers GMI désignés par la FIDE en 1950 sont : Grigory Levenfish, Viatcheslav Ragozine, Salo Flohr, Mikhaïl Botvinnik, Andor Lilienthal, Igor Bondarevski, Alexandre Kotov, Paul Keres, Issaak Boleslavski, Vassily Smyslov, David Bronstein, Jacques Mieses, Géza Maróczy, Oldrich Duras, Akiba Rubinstein, Ossip Bernstein, Milan Vidmar, Borislav Kostić, Xavier Tartakover, Ernst Grünfeld, Friedrich Sämisch, Max Euwe, Gideon Ståhlberg, Miguel Najdorf, Samuel Reshevsky, Reuben Fine et László Szabó.

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De quand date le titre de GMI ?

Le terme de Maître est d’usage courant pour désigner les meilleurs joueurs depuis la fin du XIXe siècle. Mais dans les années 1930, la fédération soviétique des échecs crée le titre de Grand Maître Soviétique. En 1950, la Fédération Internationale des Échecs (FIDE) installe le titre de Grand Maitre International et l’accorde pour la première fois à 27 joueurs, dont 11 soviétiques.

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Hello Elo !

ELO n’est pas un acronyme, mais le nom du physicien américain, d’origine hongrois, Arpad Elo (1903-1992) inventeur du système de classement des joueurs d’échecs au début des années 1960. Le nom propre est par extension devenu le nom commun, « le Elo » qui sert désormais à la détermination du niveau de jeu d’un joueur de compétition. La formule d’Arpad Elo est utilisée au niveau international pour le jeu d’échecs depuis 1970, elle l’est également pour le go, le scrabble et plusieurs e-sports.

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Le vrai nom de Kasparov

Il est né Garik Kimovitch Vaïnstein, mais le monde entier le connait sous le nom de Gari Kasparov, après qu’à l’adolescence il a choisi de russifier son prénom et pris le nom de sa mère Klara Kasparova.

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Drôle de façon d’entrer dans l’histoire…

En 2003, Ruslan Ponomariov est devenu le premier joueur d’échecs à perdre une partie du fait de la sonnerie de son téléphone portable. Il jouait contre le grand maître suédois Evgeny Agrest. Ponomariov eut beau protester et refuser de signer les feuilles de match, la partie fut perdue. Anecdote amusante, l’année suivante, en 2004, c’est Evgeny Agrest qui à son tour perdit une partie lorsque son téléphone portable a sonné. On ignore si Ponomariov était au bout du fil.

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La ligne droite est-elle le plus court chemin ?

Aux échecs la ligne droite n’est pas forcément le plus court chemin d’une case à une autre. Pour se rendre de h1 en h8, le roi a besoin de 7 coups en ligne droite. Mais le chemin g7-f6-e5-e4-f3-g2-h1 se parcourt également en 7 coups.

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Joueur absent, joueur perdant …

En 1913, à Scheveningen Gyula Breyer est absent au début de sa partie du jour contre Frederick Yates. Quelqu’un téléphone donc à l’hôtel où loge le prodige hongrois, pour l’avertir que le délai réglementaire d’une heure après le déclenchement de la pendule de jeu commence à courir. Quelqu’un de la réception répond alors que Breyer a quitté l’hôtel et se trouve en chemin. Pourtant l’heure se passe sans voir apparaitre le joueur, qui est déclaré perdant. Que s’est-il donc passé ? Simplement la méprise d’un réceptionniste d’hôtel peu physionomiste. En effet, un joueur d’échecs logeant dans l’hôtel s’est bien mis en route pour le tournoi, comme l’a indiqué le réceptionniste. Mais il s’agit d’Alexandre Alekhine. Il est vrai que les deux hommes se ressemblaient beaucoup. Breyer déclara que désormais, il ne descendrait plus jamais dans le même hôtel qu’Alekhine. Malheureusement pour lui et pour l’histoire des échecs, il n’appliqua ce principe de prudence que peu de temps, puisqu’il mourut en 1921 à l’âge de 28 ans.

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Gambit, quel drôle de mot

Le terme « gambit » qui signifie que l’on sacrifie un pion dans l’ouverture, tient son origine de l’expression italienne dare il gambetto qui signifie croc-en-jambe.

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Pire perdant de l’histoire des échecs

Le joueur qui détient la pire performance de toute l’histoire des échecs de compétition, se nomme Charles Narcisse Moreau (1867-1916) connu également comme Colonel Moreau. Son nom figure tout au bas de la grille de résultats du tournoi de Monte-Carlo en 1903. C’est d’ailleurs la seule et unique fois où son nom apparaît dans l’histoire des échecs. Lors de ce tournoi, il réalisa le score improbable de 26 défaites en 26 parties.

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Homonymies confusantes

Ne confondez pas Ilya KAN (1909-1978), joueur russe inventeur de la variante de la sicilienne qui porte son nom, avec l’autrichien Markus KANN (1820-1886) co-inventeur de la Caro-Kann ou Sultan KHAN (1905-1966) joueur Indo-pakistanais champion de Grande-Bretagne en 1929, 1932 et 1933, ni encore avec le joueur français d’origine russe Victor KAHN (1889-1971) champion de France en 1934.