• Le saviez-vous ?

    Anecdotes échiquéennes : un fait, un détail, une curiosité, liés au jeu d’échecs, à son histoire, sa pratique, ses figures célèbres ou méconnues.
    Rubrique tenue par Jérôme Houdin, directeur de la publication de Route64

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Echecs japonais…

Au japon le Shôgi (les échecs japonais) se joue avec quarante jetons plats, identiques pour les deux camps et distingués par des idéogrammes. Ils sont taillés en pointe, la pointe indiquant la direction du mouvement du jeton. Le but du jeu est de faire échec et mat. Les plus grandes différences avec les échecs occidentaux restent que chaque joueur possède trois rois et surtout que les pièces capturées changent de côté.

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Simultanée record !

Une simultanée désigne une rencontre entre un fort joueur faisant face à de nombreux adversaires, généralement d’un niveau amateur. Ce type d’exhibition est une occasion, rare pour un amateur, d’affronter un MI ou un GM. Le 9 février 2011, le GM iranien Ehsan Ghaem-Maghami affronta durant 25 heures, rien moins que 604 adversaires, remportant 580 parties, en annulant 16 et n’en perdant que 8.

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Footballeur & joueur d’échecs pro

Simen Agdestein est un Grand Maître International norvégien qui, à la fin des années 80, mène deux carrières professionnelles de front, celle de joueur d’échecs et celle de footballeur jusqu’en équipe nationale ! Le monde des échecs lui doit également d’avoir été le premier entraîneur du champion du monde, Magnus Carlsen.

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1 kg d’or pour le meilleur jeune suisse !

En 2020, le tout nouveau président de la Fédération suisse des échecs, Michael Hochstrasser, annonce que le Fonds pour la promotion des échecs pour la jeunesse suisse offrira 1 kg d’or au premier jeune suisse obtenant le titre de Grand Maître avant de fêter ses 20 ans ! Soit, au cours actuel de l’or, une coquette bourse de quelque 50 000€

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Echecs révolutionnaires !

Durant la Révolution française, le vocabulaire du jeu échecs changea un peu et sur les tables de jeu du Café de la Régence et il était prudent de dire échec au tyran plutôt qu’échec au roi !

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Le Chatrang Perse

Un texte perse, probablement rédigé au début du 7ème siècle, raconte l’arrivée à la cour du Roi Khosro, d’une ambassade chargée de cadeaux venue de la vallée de l’Indh, (l’Indus) au Pakistan actuel. Au milieu des soieries et des pierres précieuses, les voyageurs apportent également un jeu, inconnu à la cour du roi des Perses. Il s’agit d’un échiquier monochrome de 8 cases sur 8, avec 32 pièces, 16 par joueur, représentant un roi, un ministre à son côté, deux éléphants, deux cavaliers, deux chars et huit fantassins. Le texte raconte que le présent est assorti d’un défi : si le roi de Perse ne découvre pas la règle du jeu, il deviendra le vassal du roi de l’Indh. En seulement trois jours, un sage perse résout l’énigme et bat à plate couture le meilleur joueur parmi les voyageurs. Ce jeu se nomme Chatrang. Il est l’ancêtre du jeu d’échecs contemporain.

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Échecs & vision

Le psychologue néerlandais, Adriaan de Groot (1914-2006) utilisait une citation devenue célèbre : un maître ne cherche pas le bon coup, il le voit. Il ressort de ses travaux qu’un maitre commence par analyser statiquement la position et, souvent en quelques secondes, en identifie les caractéristiques principales. Dans un second temps, il analyse les éventualités qu’offre la position. Ce n’est que dans une troisième phase qu’il retient les pistes qui lui semble les plus prometteuses, sélectionne les coups candidats et en calcule les conséquences.

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Eternelle l’Immortelle

Disputée entre Adolf Anderssen et Lionel Kieseritzky à Londres en 1851, cette partie est désormais connue sous le nom de L’immortelle. 1. e4 e5 2. f4 exf4 3. Fc4 Dh4+ 4. Rf1 b5 5. Fxb5 Cf6 6. Cf3 Dh6 7. d3 Ch5 8. Ch4! Dg5 9. Cf5! c6 10. g4 Cf6 11. Tg1! cxb5 12. h4 Dg6 13. h5 Dg5 14. Df3 Cg8 15. Fxf4 Df6 16. Cc3 Fc5 17. Cd5 Dxb2 18. Fd6! Fxg1 19. e5 Dxa1+ 20. Re2 Ca6 21. Cxg7+ Rd8 22. Df6+!! Cxf6 23. Fe7 #

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Le jeu de la dame que depuis 500 ans

La création de la Dame au 15ème siècle, installe le jeu d’échecs tel que nous le connaissons aujourd’hui. Ce changement est si radical que Lucena, dans le traité qu’il fait paraitre en 1497, fait référence aux « échecs de la reine » (de la dama) qu’il distingue des « vieux échecs » (del viejo) joués avec les règles antérieures. Le jeu du roi est en quelque sorte devenu le jeu de la dame.

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K+A Alchimie gagnante

Il est bon pour devenir champion du monde des échecs de posséder dans son nom de famille la lettre a : 11 champions sur 16 la possèdent, et /ou la lettre K ou l’assonance Ca : 9 champions sur 16 la possèdent (7 K et 2 Ca). Steinitz, Lasker, Capablanca, Alekhine, Euwe, Botvinnik, Smyslov, Tal, Petrossian, Spassky, Fischer, Karpov, Kasparov, Kramnik, Anand, Carlsen.

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Omnipotence soviétique

Le tournoi des Candidats de Zurich en 1953 réunit 15 joueurs dont 9 soviétiques. 5 qualifiés lors du tournoi des candidats de Budapest en 1950 : les soviétiques Issaak Boleslavski, David Bronstein, Vassily Smyslov, Paul Keres et l’argentin Miguel Najdorf. 5 qualifiés lors du tournoi interzonal de Stockholm en 1952 : les soviétiques Alexandre Kotov, Tigran Petrossian, Mark Taïmanov, Efim Geller et Youri Averbakh. 5 sélectionnés directement par la FIDE : le suédois Gideon Ståhlberg, le hongrois László Szabó, le yougoslave Svetozar Gligorić, l’américain Samuel Reshevsky, finaliste du championnat du monde d’échecs de 1948 et le néerlandais Max Euwe, champion du monde de 1935 à 1937. Smyslov l’emporte avec 18 points et les joueurs soviétiques occupent les 3 premières places.

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Mourir sur scène

Cecil John Seddon Purdy, maître international australien (1906 -1979) fut le premier champion du monde officiel du jeu par correspondance, en 1953. Le tournoi dura de 1950 à 1953. En 1979, il fit un malaise au cours d’une partie d’un tournoi, disputé au Chess Center de la Nouvelle-Galles du Sud et mourut quelques heures plus tard. Son fils rapporte que ses dernières paroles furent « J’ai un gain, mais cela va prendre du temps. »

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Mythique Café de la Régence

Le jeu d’échecs eut durant deux siècles à Paris, un temple, un Parthénon, un Taj Mahal : le Café de la Régence. Il se nomma tout d’abord le Café de la Place du Palais Royal et se situait très exactement où son nom l’indique. En 1718 il prit le nom de Café de la Régence quand le Régent s’installa au Palais Royal voisin. En 1855 il déménagea au 161 rue Saint-Honoré et la dernière trace d’activité du jeu d’échecs en ses murs date de 1943. Du lieu même il ne reste rien. Le premier emplacement fut détruit et le second, situé à quelques centaines de mètres du précédent, abrite aujourd’hui l’Office National Marocain du Tourisme et ne conserve à l’intérieur de ses murs aucune trace de la vie échiquéenne qui se déroula ici, au cœur de Paris entre le Louvre et la Comédie Française.

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Les 27 premiers GMI de l’histoire

Les 27 premiers GMI désignés par la FIDE en 1950 sont : Grigory Levenfish, Viatcheslav Ragozine, Salo Flohr, Mikhaïl Botvinnik, Andor Lilienthal, Igor Bondarevski, Alexandre Kotov, Paul Keres, Issaak Boleslavski, Vassily Smyslov, David Bronstein, Jacques Mieses, Géza Maróczy, Oldrich Duras, Akiba Rubinstein, Ossip Bernstein, Milan Vidmar, Borislav Kostić, Xavier Tartakover, Ernst Grünfeld, Friedrich Sämisch, Max Euwe, Gideon Ståhlberg, Miguel Najdorf, Samuel Reshevsky, Reuben Fine et László Szabó.

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De quand date le titre de GMI ?

Le terme de Maître est d’usage courant pour désigner les meilleurs joueurs depuis la fin du XIXe siècle. Mais dans les années 1930, la fédération soviétique des échecs crée le titre de Grand Maître Soviétique. En 1950, la Fédération Internationale des Échecs (FIDE) installe le titre de Grand Maitre International et l’accorde pour la première fois à 27 joueurs, dont 11 soviétiques.

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Hello Elo !

ELO n’est pas un acronyme, mais le nom du physicien américain, d’origine hongrois, Arpad Elo (1903-1992) inventeur du système de classement des joueurs d’échecs au début des années 1960. Le nom propre est par extension devenu le nom commun, « le Elo » qui sert désormais à la détermination du niveau de jeu d’un joueur de compétition. La formule d’Arpad Elo est utilisée au niveau international pour le jeu d’échecs depuis 1970, elle l’est également pour le go, le scrabble et plusieurs e-sports.

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Le vrai nom de Kasparov

Il est né Garik Kimovitch Vaïnstein, mais le monde entier le connait sous le nom de Gari Kasparov, après qu’à l’adolescence il a choisi de russifier son prénom et pris le nom de sa mère Klara Kasparova.

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Drôle de façon d’entrer dans l’histoire…

En 2003, Ruslan Ponomariov est devenu le premier joueur d’échecs à perdre une partie du fait de la sonnerie de son téléphone portable. Il jouait contre le grand maître suédois Evgeny Agrest. Ponomariov eut beau protester et refuser de signer les feuilles de match, la partie fut perdue. Anecdote amusante, l’année suivante, en 2004, c’est Evgeny Agrest qui à son tour perdit une partie lorsque son téléphone portable a sonné. On ignore si Ponomariov était au bout du fil.

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La ligne droite est-elle le plus court chemin ?

Aux échecs la ligne droite n’est pas forcément le plus court chemin d’une case à une autre. Pour se rendre de h1 en h8, le roi a besoin de 7 coups en ligne droite. Mais le chemin g7-f6-e5-e4-f3-g2-h1 se parcourt également en 7 coups.

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Joueur absent, joueur perdant …

En 1913, à Scheveningen Gyula Breyer est absent au début de sa partie du jour contre Frederick Yates. Quelqu’un téléphone donc à l’hôtel où loge le prodige hongrois, pour l’avertir que le délai réglementaire d’une heure après le déclenchement de la pendule de jeu commence à courir. Quelqu’un de la réception répond alors que Breyer a quitté l’hôtel et se trouve en chemin. Pourtant l’heure se passe sans voir apparaitre le joueur, qui est déclaré perdant. Que s’est-il donc passé ? Simplement la méprise d’un réceptionniste d’hôtel peu physionomiste. En effet, un joueur d’échecs logeant dans l’hôtel s’est bien mis en route pour le tournoi, comme l’a indiqué le réceptionniste. Mais il s’agit d’Alexandre Alekhine. Il est vrai que les deux hommes se ressemblaient beaucoup. Breyer déclara que désormais, il ne descendrait plus jamais dans le même hôtel qu’Alekhine. Malheureusement pour lui et pour l’histoire des échecs, il n’appliqua ce principe de prudence que peu de temps, puisqu’il mourut en 1921 à l’âge de 28 ans.

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Gambit, quel drôle de mot

Le terme « gambit » qui signifie que l’on sacrifie un pion dans l’ouverture, tient son origine de l’expression italienne dare il gambetto qui signifie croc-en-jambe.

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Pire perdant de l’histoire des échecs

Le joueur qui détient la pire performance de toute l’histoire des échecs de compétition, se nomme Charles Narcisse Moreau (1867-1916) connu également comme Colonel Moreau. Son nom figure tout au bas de la grille de résultats du tournoi de Monte-Carlo en 1903. C’est d’ailleurs la seule et unique fois où son nom apparaît dans l’histoire des échecs. Lors de ce tournoi, il réalisa le score improbable de 26 défaites en 26 parties.

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Homonymies confusantes

Ne confondez pas Ilya KAN (1909-1978), joueur russe inventeur de la variante de la sicilienne qui porte son nom, avec l’autrichien Markus KANN (1820-1886) co-inventeur de la Caro-Kann ou Sultan KHAN (1905-1966) joueur Indo-pakistanais champion de Grande-Bretagne en 1929, 1932 et 1933, ni encore avec le joueur français d’origine russe Victor KAHN (1889-1971) champion de France en 1934.